La nouvelle politique de la Chine continentale en matière d’environnement pourrait entraîner la suppression de près de 2 900 emplois de ramassage de cartons.

Ces personnes, généralement d’un âge avancé, récupère les cartons jetés par les magasins, les restaurants ou les particuliers, et les revendent pour quelques dollars à des dépôts de recyclage.

D’après l’ONG Waste Pickers Platform (WPP), 80% des collecteurs ont plus de 60 ans et les plus vieux sont nonagénaires. Les quatre cinquièmes sont des femmes, et un tiers travaille au moins huit heures par jour.

La moyenne des gains des ramasseurs est de 47,3 HKD par jour, selon l’ONG Waste Pickers Platform (WPP). Hong Kong ne possède pas d’usine de recyclage, alors les centres envoient ces cartons ailleurs, notamment en Chine continentale, où 95% des cartons usagés d’Hong Kong y ont été recyclé en 2016.

Or la Chine ne veut plus être la poubelle du monde, et compte fermer d’ici 2020 ses portes aux déchets solides étrangers, et même à ceux de Hong Kong. De fait, la décision de Beijing d’interdire les déchets étrangers pourrait tuer cette économie informelle et priver de ressources les personnes âgées.

La Chine ne sera plus la poubelle du monde

Pour beaucoup, ce travail ingrat est un complément de revenus, car leurs petites retraites ou économies ne leur permettent pas de vivre décemment, dans la ville la plus chère du monde.

WPP estime qu’au moins 193 tonnes de déchets sont livrées chaque jour aux dépôts par ces collecteurs. Au-delà de la situation des ramasseurs, la décision chinoise pourrait aussi être désastreuse pour ces dépôts, a expliqué Jacky Lau, responsable d’une organisation locale regroupant les sociétés du secteur du recyclage à l’Agence France Presse.

D’après ce dernier, si ces entreprises ferment, il pourrait y avoir une « crise des déchets papier » à Hong Kong faute de débouchés. Jacky Lau espère que la Chine reconsidérera sa politique à l’égard de sa Région administrative spéciale, estimant aussi que Hong Kong doit accélérer la construction d’une usine de recyclage.

Hong Kong se dote d’une « île poubelle »