Des scientifiques ont mis en service le 5 août un prototype de machine exa-informatique, un superordinateur de nouvelle génération ayant cependant des risques financier et environnementaux.

L’ordinateur supraconducteur est considéré par le South China Morning Post (SCMP) comme « l’une des avancées les plus radicales proposées par les scientifiques pour réduire l’empreinte environnementale du calcul des machines ».

Pourtant, ces ordinateurs sont de plus en plus gourmands en énergie. Selon une estimation de la Semiconductor Industry Association, ils auront besoin de plus d’électricité que ce que le monde peut générer d’ici 2040, à moins que leur mode de conception ne soit considérablement amélioré.

L’ordinateur supraconducteur repose sur l’envoi de courants électriques à travers des circuits en surfusion constitués de matériaux supraconducteurs. Il n’y a pas ou peu de résistance et la machine ne nécessiterait que d’une fraction de l’énergie des ordinateurs traditionnels, passant d’un quarantième à un millième, selon certaines estimations.

L’objectif est de faire fonctionner un prototype de machine dès 2022, selon le programme lancé en novembre 2017, par l’Académie chinoise des sciences (CAS). Ainsi, la Chine prend la tête des pays ayant construit ce type de superordinateur, devant les États-Unis.

Une première en 25 ans. En effet, Bai Chunli, président de l’Académie chinoise des sciences, a expliqué que « les circuits numériques supraconducteurs et les ordinateurs supraconducteurs aideraient la Chine à dépasser les autres pays en matière de technologie de circuits intégrés ». Pour ce dernier, « cette technologie pourrait aider la Chine à défier la domination américaine des ordinateurs et des puces ».

Pour la construction de cette machine, le gouvernement a mit en place un plan d’un milliard de yuans (plus de 860 millions d’euros), afin de construire des systèmes informatiques performants à faible consommation d’énergie. Mais le projet est risqué, car plusieurs observateurs se demandent s’il est adéquat de consacrer autant d’argent et de ressources à une conception informatique théorique, étant donné que des tentatives similaires menées par d’autres pays ont abouti à un échec.