Vivre à Hong Kong est un défi : prix élevés des loyers, surpopulation, coût de la vie exorbitant et pollution de l’air pèsent sur les hongkongais.

Face au manque de logements à des prix abordables dans les quartiers urbains, le gouvernement souhaite construire des habitats dans des zones moins peuplées, comme Wang Chau ou Ma Shi Po.

En effet, les autorités veulent détruire cette ville rurale, abritant principalement des maisons modestes dans le nord-ouest de Hong Kong. Mais les habitants ont décidé de se réunir pour s’opposer à ce projet.

D’autant que les opposants affirment que la politique de logement du gouvernement vise à favoriser les promoteurs privés et les imposantes élites rurales. De son côté, le gouvernement a estimé, d’après l’Agence France Presse que la relocalisation est « inévitable ». Raison pour laquelle des avis d’expulsion ont été envoyé à l’ensemble des habitants de Wang Chau, qui  est constitué de trois villages.

Les habitants affirment n’avoir pas été consultés sur le projet de logements sociaux et des bannières sont accrochés partout pour protester contre les expulsions et la corruption.

En effet, les zones rurales sont dominées par des réseaux d’hommes politiques et d’affaires locaux connus sous le nom de « kuk ». Ils sont représentés au Conseil législatif et participent à l’élection du chef de l’exécutif.

D’après les habitants, le projet Wang Chau concernait un parking et un hangar appartenant à une élite d’un des villages. Mais désormais seuls les villages sont menacés par les bulldozers. D’après, la presse ces changements sont dus aux pressions du « kuk ».

Pour le député écologiste Eddie Chu, la politique immobilière du gouvernement est basée sur les  « intérêts particuliers et certaines organisations« , assurant qu’il existe une connivence entre le gouvernement, les promoteurs, les élites rurales et les triades, la mafia locale.

Un autre village est concerné par un programme immobilier, Ma Shi Po, dans le nord-est de l’île. Il est prévu la construction de logements de luxe, via le délogement de 6 000 foyers. A cela s’ajoute les passes droits des promoteurs privés, octroyés par le gouvernement.

En janvier, le responsable en charge du développement urbain a refusé d’imposer une norme sur la construction des nouveaux logements afin qu’ils respectent une surface minimale, selon le South China Morning Post.

Interrogé par le SCMP, cité par Courrier Internationale, Paul Zimmerman, conseiller municipal et directeur de l’association Designing Hong Kong, a indiqué que « le marché immobilier détermine combien de personnes peuvent s’entasser dans un logement disponible. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas mettre en place des normes de surface minimale pour les appartements que construisent les promoteurs immobiliers. Cela devient ridicule ».

D’ailleurs, certains logements, où plutôt boxe, de 10m² peuvent être louées dans la cité-état, à des prix exorbitants. Raison pour laquelle, de nombreux chinois et étrangers s’exilent vers les localités rurales, devenues les nouveaux enjeux de la politique urbaine du gouvernement.