Des dirigeants du mouvement de contestation, Occupy Central, qui a paralysé Hong Kong à l’automne 2014, ont comparu devant la justice ce jeudi 30 mars, pour trouble à l’ordre public.

Ces neuf personnes ont été mises en accusation lundi 27 mars, au lendemain de l’élection. Un collège de 1 200 personnes a nommé le candidat de Beijing, Carrie Lam comme prochaine cheffe de l’exécutif, dont son investiture aura lieu le 1er juillet.

Les dirigeants de la contestation, parmi lesquels le « trio d’Occupy Central » (Benny Tai, Chan Kin-man et le révérend Chu Yiu-ming) sont entrés tout sourires dans la salle d’audience du tribunal et ont serré la main à leurs partisans, d’après l’agence de presse, Reuters.

Le « trio d’Occupy Central » doit répondre d’accusations comme conspiration en vue de troubles à l’ordre public et incitation à commettre des troubles publics. Les six autres, dont deux députés du LegCo (Conseil législatif) et deux ex-dirigeants de la contestation étudiante, ont également été inculpés de délits liés à des troubles à l’ordre public.

Après leur comparution, le procès a été ajourné au 25 mai. Certains militants tenaient des parapluies jaunes, symbole du mouvement de désobéissance civile de 2014.  Pour Amnesty International, ces poursuites prouvent que la liberté d’expression et de rassemblement fait l’objet d’une « attaque sérieuse ». 

Tanya Chan, députée du Parti civique, a déclaré auprès de l’Agence France Presse avoir reçu un appel téléphonique de la police lundi 27 mars lui annonçant qu’elle serait inculpée pour trouble à l’ordre public, un délit passible de sept ans de prison.

Arrêtée lors des manifestations, elle n’avait jamais été inculpée, pourtant elle a comparu ce jeudi 30 mars, devant la justice. Même procédure pour Raphaël Wong, de la Ligue des socio-démocrates, également inculpé pour trouble à l’ordre public.

Le professeur Chan Kin-man, également poursuivi, a indiqué à l’agence française que « cela montre que le gouvernement n’a aucune intention d’apaiser les divisions ».

Inculpé au lendemain des élections, Carrie Lam a assuré qu’elle n’avait pas été informée à l’avance des inculpations, soulignant que la décision de déclencher des poursuites était « apolitique« . Cette dernière était pourtant l’adjointe de l’actuel leader de l’exécutif Leung Chun-ying.

Edmund Cheng, de l’Université baptiste de Hong Kong, a indiqué à l’AFP que ces poursuites sont un moyen de dissuader « les protestataires de mener des actions radicales ou violentes » lors des cérémonies.

D’autant que le président chinois, Xi Jinping a prévu de participer au 20ème anniversaire de la restitution de la ville par la Grande Bretagne. Hong Kong possède normalement jusqu’en 2047 de libertés, en vertu du principe « un pays, deux systèmes » mais le ressentiment envers la Chine s’intensifie d’année en année.

En cause, la main mise de Beijing sur les institutions hongkongaises et notamment les agissements de la police sur le sol de l’ancienne colonie britannique (enlèvement, arrestation, …).

Depuis quelques années, des mouvements localistes et indépendantes se forment afin de militer pour l’indépendance d’Hong Kong. Un sujet ultra sensible qui  irrite Beijing, déjà emprise avec Taïwan et sa présidente démocrate Tsai Ing-wen. Pour l’heure, Beijing se satisfait de la victoire de son candidat, assurant ainsi un contrôle sur ce territoire.