Le président français Emmanuel Macron va effectuer sa deuxième visite dès le 4 novembre, pour cela, il a demandé à ses services « d’élaborer une doctrine », selon des sources proches du dossier citées par l’Agence France Presse.

D’après les dires, le chef de l’Etat a besoin de trouver des parades face à la montée en puissance de la Chine sur la scène internatioanle, et dans un contexte de guerre commerciale sino-américaine, impactant l’économie mondiale

D’après des experts interrogés par l’AFP, le gouvernement français à la nécessité, mais aussi la contrainte, de trouver une vision stratégique claire vis-à-vis de la Chine, qui souhaite renforcer ses échanges avec l’Europe.

« On peut imaginer qu’il y ait une volonté de réfléchir de manière plus globale, une volonté de coordonner les politiques face à la Chine: Quel type de réponse apporter à tel type de demande, quel type de transfert de technologie, quel type d’investissement, tout en continuant d’avoir un dialogue étroit avec la Chine », a indiqué Valérie Niquet, directrice du département Asie du think tank français FRS.

Pour l’ancien ambassadeur de France à Beijing, Jean-Maurice Ripert, « il était temps » que le gouvernement français sorte de cette tendance à être « fasciné par les aspects positifs de la Chine », omettant « les points négatifs de l’évolution orchestrée par Xi Jinping ».

Un constat partagé par le général Eric de la Maisonneuve, auteur des « Défis chinois », pour qui il faut arrêter le « blabla qui ne sert à rien ». Ce dernier a estimé que la France « n’a pas de base, de socle pour traiter les problèmes » avec la Chine.

En effet, au sein de l’Etat français, les positions divergent : des partisans d’une ligne dure à ceux pour une approche souple. Raisons pour les quelles, « il y a eu des difficultés » à mettre une seule vision stratégique, « mais c’est terminé », assure une source de l’entourage présidentiel à l’AFP, qui ajoute que le dossier est encore « en cours d’instruction ».

D’autant plus que l’Union européenne doit avoir un positionnement clair et unifié, face aux aléas de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. « La rivalité USA-Chine est très structurante », a indiqué la chercheuse Alice Elkman, analyste responsable de la Chine et de l’Asie à l’European Union Institute for Security Studies (EUISS).

Selon elle, elle « pose un certain nombre de questions pour les pays tiers, dont les pays européens: comment ne pas être pris dans le piège du choix, de la compétition. Comment développer une vision stratégique dans cet environnement ? ».

Pour l’ex-ambassadeur Jean-Maurice Ripert, la stratégie française doit comprendre deux aspects. D’une part, « la Chine est-elle un partenaire important ? Evidemment oui ». Et d’autre part, « la Chine est-elle un allié, un ami ? Evidemment non ».

« Nous aimons les partenariats mais tenons à rester non-alignés, car dans une alliance, il y a toujours un leader et un suiveur. A l’inverse, un partenariat suppose toujours l’indépendance et l’égalité des parties« , déclarait en octobre 2019 l’ambassadeur de Chine en France, Lu Shaye, lors d’une rencontre au sein du think tank « The Bridge tank ».

Mais pour le général à la retraite, Eric de la Maisonneuve, « les chinois n’ont pas d’alliés, ils n’en ont jamais eu, ils ne savent pas ce qu’est une alliance (…), ils font des contrats, des partenariats ».