La Chine serait en train de construire 300 silos à missiles, laissant penser aux américains que son arsenal nucléaire pourrait être plus important que le leurs.

Des images satellites montrent que la Chine a bien avancé dans la construction de centaines de silos à missiles qui pourraient potentiellement être utilisés pour lancer des armes nucléaires, selon le site Business Insider.

Selon des chercheurs de la Fédération des scientifiques américains (FAS – groupe de réflexion à but non lucratif fondé par des scientifiques qui ont travaillé sur la première bombe atomique), « pour la Chine, il s’agit d’une accumulation nucléaire sans précédent ».

Les chercheurs Matt Korda et Hans Kristensen ont indiqué, dans leur étude publiée le 2 novembre, que des éléments signalés en juin et juillet 2021 montrent que la Chine semblait construire deux champs de silos à missiles dans le désert du Xinjiang pour accueillir un réseau de 229 silos souterrains.

Ces silos souterrains abritent généralement des missiles balistiques intercontinentaux ou des armes à longue portée conçues pour transporter des charges nucléaires.

Selon les scientifiques américains, ces silos porteraient auparavant la capacité nucléaire de la Chine à 845 ogives. Mais après avoir analysé des centaines d’images satellites, les chercheurs du FAS ont assuré que désormais l’estimation du nombre total de silos est à 300.

« Avec 300 silos souterrains et une centaine de lance-missiles mobiles, la force balistique intercontinentale totale de la Chine pourrait éclipser celle de la Russie ou des États-Unis dans un avenir prévisible », ont-ils expliqué.

« Ce qui est remarquable, bien sûr, c’est l’ampleur et la rapidité de cette opération, qui est tellement décalée par rapport à ce que les Chinois ont fait auparavant sur les silos à missiles », a déclaré Hans Kristensen à la chaîne américaine CNN.

Dans leur rapport, les chercheurs ajoutent toutefois que les silos « ne seront pas pleinement opérationnels avant de nombreuses années » et que rien n’indique ce que la Chine prévoit de faire avec les silos ni combien d’entre eux seront armés à terme.

Les chercheurs ont analysé 4 zones principales du désert de Gobi pour y rechercher des signes de construction de silos, via notamment des images satellites. Ils ont observé des structures murales de silos en demi-cercle, des trappes de silos et ce qu’ils soupçonnent être une opération de chargement de missiles.

« Sur la base des caractéristiques que nous pouvons examiner sur les nouvelles images satellites, nous sommes de plus en plus convaincus qu’il s’agit bien de silos à missiles et d’installations de soutien en construction », ont écrit les scientifiques américains.

Les chercheurs ont repéré des dizaines d’abris gonflés que la Chine utilise, selon eux, pour protéger les silos contre les dommages environnementaux et masquer leur construction aux regards aériens.

Ces abris sont légèrement plus petits que la taille d’un terrain de football américain, ont-ils noté. Ces derniers attestent que la Chine a mis en place une « politique d’utilisation d’armes atomiques uniquement pour riposter face à un agresseur » et n’a pas officiellement confirmé ou nié que les installations observées étaient des silos.

Les experts nucléaires chinois ont rejeté les informations selon lesquelles des bases nucléaires seraient en cours de construction. Song Zhongping, ancien instructeur de l’Armée populaire de libération, a déclaré que les silos nucléaires étaient dépassés, selon le quotidien hongkongais South China Morning Post.

En octobre 2021, la Chine a démenti un rapport du Financial Times affirmant qu’il testait un missile hypersonique à capacité nucléaire. De plus, la Chine a rejeté les appels de l’OTAN visant à introduire des limites à son armement nucléaire et a toujours affirmé qu’il maintenait son arsenal nucléaire comme une forme de « dissuasion minimale ».

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