La Chine affirme avoir fait des concessions en proposant de laisser les régulateurs américains auditer certaines de ses entreprises publiques, et appelle à des négociations directes pour résoudre un différend vieux de plusieurs années qui menace les marchés mondiaux.

Entrée de la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières

Dans une interview accordé à l’agence Bloomberg, Fang Xinghai, vice-président de la China Securities Regulatory Commission, a déclaré que la Chine était «sincère» dans sa volonté de résoudre l’impasse sur les problèmes comptables.

Les responsables américains ont récemment intensifié leurs efforts pour accéder aux documents de travail et d’audit des entreprises chinoises qui négocient aux États-Unis. Or, Washington menace de mesures punitives contre la Chine et notamment l’ensemble de ces entreprises, si elles ne répondent pas à leurs attentes. En cas d’application de ces mesures, cela déclencherait la radiation d’actions en bourse, telles que celles d’Alibaba Group Holding Ltd. et de Baidu Inc.

Depuis 2017, une inspection avait été effectué conjointement par les régulateurs de Chine et des Etats-Unis, mais n’a pas abouti à un accord, accentuant la tension entre la Chine et les Etats-Unis.

Or pour répondre le problème, Fang Xinghai a indiqué que la China Securities Regulatory Commission (CSRC) avait envoyé en août au Conseil de surveillance comptable des entreprises publiques des États-Unis une nouvelle proposition, ce qui permettrait aux États-Unis de choisir l’une de ses entreprises d’État pour un autre essai.

Cependant, la Chine insiste sur la suppression de certaines informations en raison de problèmes de sécurité nationale, une condition décrite par Fang Xinghai comme une norme internationale.

«À mesure que les deux parties gagnent en confiance, nous pouvons procéder à la gestion de ces questions sensibles afin que les deux parties soient satisfaites», a-t-il déclaré. «Ils sont un peu plus urgents. Nous sommes très sincères, mais d’un autre côté, nous tenons également à protéger les informations relatives à la sécurité nationale»

Le régulateur des valeurs mobilières de Chine avait également proposé en avril que les inspections conjointes commencent avec les entreprises du secteur privé avant de passer aux entreprises publiques, qui sont plus susceptibles de poser des problèmes de sécurité, a déclaré Fang Xinghai.

Toutefois, certains documents appartenant aux entreprises du secteur privé peuvent aussi être expurgés parce que des entreprises telles qu’Alibaba et Baidu ont des contrats avec le gouvernement et d’autres «agences sensibles», a-t-il déclaré.

Cependant, la Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), superviseur des audits des entreprises cotées, voulait pouvoir commencer par des entités publiques, ce que la Chine a accepté dans sa dernière proposition.

Fang Xinghai a contacté des responsables à Washington pour organiser une réunion vidéo ou téléphonique, mais qu’il n’avait pas encore obtenu de réponse. Ce dernier s’était rendu aux Etats-Unis en septembre 2019 pour tenter de résoudre le problème, mais le président de la PCAOB a refusé de rencontrer un responsable venu de Chine.

Au lieu de cela, Fang Xinghai a rencontré l’un de ses chefs de département, a indiqué une source proche du dossier à l’agence Bloomberg. « Depuis plus d’une décennie, nous avons cherché à établir une relation de coopération avec la Chine qui soit cohérente avec d’autres dans le monde », a déclaré le président du PCAOB, William Duhnke dans un communiqué diffusé le 26 août.

«Une telle relation, cependant, ne peut pas être véritablement poursuivie sans que les Chinois adoptent d’abord nos principes d’accès fondamentaux. Malgré les récentes affirmations de la CSRC, ses propositions restent matériellement insuffisantes», a indiqué ce dernier.