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La Chine promet de «défendre» ses équipementiers si l’UE venait à les interdire

La Chine promet de «défendre» ses équipementiers si l’UE venait à les interdire

La Chine a promis le 21 janvier de « défendre » ses entreprises si l’Union européenne (UE) persistait dans son projet d’interdire les équipementiers télécoms étrangers jugés « à haut risque », une mesure perçue comme visant les compagnies chinoises.

La Commission européenne a présenté le 20 janvier une proposition allant en ce sens, dans le cadre d’une révision de ses règles de cybersécurité. Si l’exécutif européen n’a pas cité explicitement Huawei et ZTE, les deux géants chinois semblent être visés, ainsi que tous les autres fournisseurs qui pourraient être considérés à leur tour comme dangereux pour la sécurité des réseaux.

« Nous exhortons l’Union européenne à ne pas persévérer sur la fausse route du protectionnisme. Dans le cas contraire, la Chine sera contrainte de prendre les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes de ses entreprises« , a réagi mercredi Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« C’est du protectionnisme pur et simple. Cette ingérence arbitraire dans le marché, qui va à l’encontre de toutes les lois économiques, non seulement n’apporte pas cette prétendue sécurité, mais génère aussi des coûts exorbitants« , a-t-il dit lors d’un point presse régulier.

En juin 2023, l’UE avait recommandé aux pays membres et aux opérateurs de télécoms d’interdire les équipements de Huawei et ZTE des réseaux 5G, estimant qu’ils présentaient des risques « matériellement plus élevés » pour leur sécurité.

Mais ces recommandations n’avaient eu qu’une portée limitée. L’Allemagne a fini par se rallier à cette interdiction en 2024, et moins de la moitié des États membres l’ont appliquée.

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Raison pour laquelle, la Commission européenne veut aller plus loin, en proposant l’interdiction systématique des fournisseurs dans les réseaux mobiles et fixe de toute l’UE, dès lors qu’ils seront désignés comme « à haut risque ».

Certains pays ne souhaitent pas alourdir les coûts d’approvisionnement des opérateurs, or les fabricants chinois sont généralement les moins chers.

La Chine proteste

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que « la Chine a pris connaissance des rapports pertinents et exprime sa vive préoccupation. Les entreprises chinoises opèrent depuis longtemps en toute légalité en Europe et sont des fournisseurs respectueux des lois et de haute qualité pour le secteur des télécommunications et du numérique de l’UE. Elles ne constituent en aucun cas une menace pour la sécurité des pays européens ».

« Limiter ou interdire de force l’accès au marché à des entreprises, sans aucune preuve et sur la base de critères non techniques, viole gravement les principes du marché et de la concurrence loyale. Cet acte de protectionnisme illustre une fois de plus comment une coopération normale peut être instrumentalisée à des fins politiques et sécuritaires », a souligné ce dernier lors d’une conférence de presse.

Guo Jiakun a souligné que « les tentatives d’intervention arbitraire sur le marché et de violation des règles économiques ne renforcent pas la sécurité d’un pays, mais lui en coûtent très cher. Les faits démontrent que, dans certains pays, le retrait progressif d’équipements de télécommunications chinois de qualité, sûrs et sécurisés freine non seulement le développement du numérique et du cyberespace, mais engendre également d’importantes pertes économiques ».

Pour la Chine, « la Commission européenne a ignoré le simple fait que les entreprises chinoises fournissent des produits sûrs et de haute qualité, et que la Chine et l’UE possèdent des bases solides et un fort potentiel de coopération dans le secteur des réseaux numériques, mais a instrumentalisé la sécurité à des fins de manipulation politique ».

Guo Jiakun a souligné que « cette attitude entrave gravement le progrès technologique et la croissance économique de l’UE, ternit sa réputation de marché ouvert et mine la confiance des entreprises étrangères quant à leurs investissements. Nous exhortons l’UE à renoncer à cette voie protectionniste erronée. La Chine prendra les mesures nécessaires pour défendre les droits et intérêts légitimes de ses entreprises« .

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