La Chine a renommé le 30 décembre 2021 une quinzaine de lieux de l’Arunachal Pradesh en caractères chinois mandarin ainsi qu’en alphabet tibétain et romain, pour réaffirmer sa revendication sur l’État qu’elle appelé «Zangnan» ou la partie sud de Xizang (Tibet Région autonome).

Ce n’est pas la première fois que la Chine normalise les noms de lieux de l’Arunachal Pradesh. En 2017, la Chine avait tenté de renommer six places dans l’État.

Le ministère des affaires étrangères a expliqué que « l’Arunachal Pradesh a toujours été et sera toujours une partie intégrante de l’Inde. Attribuer des noms inventés à des lieux de l’Arunachal Pradesh ne change rien à ce fait ».

Cette re-nomination de la Chine vise à donner plus de légitimité à la nouvelle loi sur les frontières terrestres qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. La Chine a transformé un «différend territorial» en «différend de souveraineté» en adoptant la loi sur les frontières terrestres.

La nouvelle loi sur les frontières terrestres, présentée par la Chine lors de la 31e réunion du Comité permanent du 13e Congrès national du peuple le 23 octobre 2021, est la dernière tentative de la Chine de délimiter les frontières territoriales avec l’Inde et le Bhoutan.

Conformément à la loi sur les frontières terrestres, similaire à la loi sur la sécurité nationale adoptée à l’égard de Hong Kong, la Chine obtiendra une préséance juridique extraterritoriale en ce qui concerne ses frontières terrestres.

La loi sur les frontières terrestres vise également à sanctionner quiconque enfreint les frontières décidées, et délimitées par la Chine. La Chine a affirmé que « Zangnan est le territoire de la Chine depuis les temps anciens. Des minorités ethniques telles que les Moinba et les groupes ethniques tibétains vivent et travaillent dans cette région depuis longtemps, et de nombreux noms de lieux ont été transmis ».

Le site Kailash Mansarovar (également appelé mont Kailash) est un lieu sacré pour le pèlerinage hindou depuis 3000 avant JC (environ l’origine de l’hindouisme) bien avant la propagation du bouddhisme. Depuis, les Indiens visitent Kailash en grand nombre. Le nom «Kailash» est un terme plus ancien que son nom tibétain «Gang Rinpoché», ce qui implique que la Chine devrait céder le mont Kailash à l’Inde.

De même, Yatung (près de Dokalam) était un centre commercial avant l’occupation du Tibet par la Chine. C’était un point central pour les commerçants voyageant entre Lhassa et Kalimpong.

Dernièrement, le gouvernement chinois a subi de nombreuses pressions mondiales et internes en raison de ses nombreuses politiques entraînant une législation plus stricte et dure des minorités, le ralentissement de l’économie ainsi que les relations dans le voisinage immédiat.

La tentative de la Chine de modifier les noms des lieux de l’Arunachal ressemble à une stratégie politique visant à apaiser les sentiments des citoyens chinois qui ont récemment commencé à montrer discrètement leur exaspération face aux diverses politiques du gouvernement de Xi Jinping.

Il est intéressant de noter qu’après la vigoureuse réfutation de la MEA, les internautes indiens ont occupé le devant de la scène tout en se lançant dans un jeu de « du tac au tac » avec la Chine en donnant des noms indiens à un certain nombre de villes chinoises. Ce jeu psychologique joué par la Chine est également tombé à plat ventre, tout comme ses précédentes tentatives de forcer le long de nos frontières nord.