La Chine s’engage à renforcer sa demande intérieure
La Chine peine à maintenir une reprise économique vigoureuse après la pandémie de Covid-19, et doit faire face à une crise de la dette dans son secteur immobilier, à une consommation chroniquement faible et à un taux de chômage des jeunes élevé.
Les plus hauts dirigeants chinois se sont engagés, lors d’une importante réunion économique à Pékin, à stimuler la consommation, à stabiliser le marché immobilier et à créer davantage d’emplois, ont rapporté jeudi les médias d’État.
La Conférence centrale sur le travail économique (CEWC), qui se tient tous les ans, est observé de près par les observateurs à la recherche d’indications sur les futures orientations de la politique économique, même si les mesures concrètes ne sont généralement annoncées qu’en début d’année suivante.
De hauts responsables, dont le président Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang, ont participé à la réunion de cette année, qui s’est tenue les 10 et11 décembre. Ils ont promis de «continuer à développer la demande intérieure» au cours de l’année à venir, a indiqué la chaîne de télévision d’État CCTV.
Au cours de cette réunion, il a été établi que l’une des priorités du pays serait de «faire de la demande intérieure le principal moteur de l’économie et de construire un marché intérieur robuste», a ajouté CCTV. L’accent sera également mis sur «la stabilisation du marché immobilier, la mise en oeuvre de politiques spécifiques à chaque ville pour contrôler l’offre de logements neufs, réduire les stocks et optimiser l’offre».
La Chine ne parvient pas à relancer vigoureusement sa croissance économique après la pandémie de Covid-19. D’autant plus que le pays fait face à une crise de la dette dans son immense secteur immobilier, à une consommation chroniquement faible et à un taux de chômage des jeunes élevé.
Les dirigeants se sont également engagés à «accroître les offres d’emploi, améliorer la qualité de l’emploi et stabiliser l’emploi de populations clés tels que les diplômés et les travailleurs migrants», a ajouté la chaîne CCTV. Les économistes appellent depuis plusieurs mois Pékin à privilégier un modèle de croissance fondé davantage sur la consommation intérieure que sur les moteurs traditionnels des décennies passées, tels que les exportations et le secteur manufacturier.
Malgré les tensions commerciales accrues avec le second mandat du président américain Donald Trump, les exportations chinoises sont en plein essor. Les données officielles publiées cette semaine indiquent que l’excédent commercial de cette puissance manufacturière a déjà dépassé le cap des 1.000 milliards de dollars, un record historique.
Le Fonds monétaire international et d’autres institutions internationales ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance pour la Chine cette année. Le relèvement de 0,2 point du FMI porte ses prévisions de hausse du PIB à 5% en 2025, conformément à l’objectif fixé par Pékin. Alors que les exportations chinoises saturent les routes maritimes mondiales, les données officielles publiées mercredi montrent que la demande intérieure reste atone.


