La baisse du kilométrage par passager payant et le taux élevé de consommation de liquidités obligent les compagnies aériennes à supprimer des emplois, dont Cathay Pacific Airways.

La compagnie aérienne basée à Hong Kong supprime plus de 5 000 emplois à Hong Kong et ferme sa marque Cathay Dragon. Cette dernière dessert près de 200 destinations en Asie, en Amérique du Nord, en Australie, en Europe et en Afrique depuis son hub à l’aéroport international de Hong Kong.

Animesh Kumar, directeur du conseil en voyages et tourisme chez GlobalData, une société de recherche et de conseil de premier plan, a expliqué que « Cathay Pacific rejoint une liste croissante de compagnies aériennes, qui ont supprimé des emplois ou prévoient de le faire ».

« Récemment, Singapore Airlines et Qantas Airways ont réduit leurs effectifs de 20% et 30%, respectivement. Les compagnies aériennes du monde entier traversent la crise la plus grave qu’elles aient jamais connue. Par rapport à l’impact du SRAS sur l’industrie aéronautique, l’impact monétaire du COVID-19 devrait être 45 à 50 fois plus élevé », a indiqué ce dernier.

D’après l’analyste, plusieurs pays ont étendu leur soutien envers leurs compagnies aériennes, et même Cathay Pacific a reçu un plan de sauvetage il y a quelques mois. Cependant, avec une baisse de plus de 65% d’une année sur l’autre du kilomètre-passagers payant (RPK) dans le monde en YTD 2020, une forte consommation de liquidités et une reprise encore assez éloignée, les compagnies aériennes n’ont plus beaucoup d’options.

La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific Airways a aussi fait savoir qu’elle tenterait de modifier les conditions des contrats des membres d’équipage et des pilotes.

« La pandémie continue d’avoir un effet dévastateur sur l’aviation et la dure réalité est que nous devons restructurer fondamentalement le groupe pour survivre », a précisé dans un communiqué le directeur général de Cathay, Augustus Tang.

Dans le détail, 5300 employés basés à Hong Kong seront licenciés, de même que 600 autres basés ailleurs. Le reste des suppressions d’emplois provient des départs naturels et du gel des embauches.

Cathay Dragon va disparaître, après avoir effectuer des vols court et moyen courriers en Asie. Certains seront repris par Cathay Pacific et sa filiale low-cost HK Express, sous réserve de l’approbation des autorités aériennes.

Ce plan de restructuration a été salué à la Bourse de Hong Kong, où le titre Cathay s’envolait de 5,8% mercredi matin. Mais la nouvelle est brutale pour les employés.

Les efforts des compagnies pour tenter de persuader les voyageurs que prendre un avion est sûr d’un point de vue sanitaire n’ont pas eu les effets escomptés. Mais ce sont surtout les restrictions ordonnées pour lutter contre le coronavirus, et dans le cas de Hong Kong une quarantaine de 14 jours obligatoire à l’arrivée, qui ont plombé le trafic.

Cathay Pacific avait annoncé début août une perte nette historique de 9,9 milliards de dollars hongkongais (un peu plus d’1 milliard d’euros) au premier semestre. De janvier à juin, la compagnie a transporté 4,4 millions de passagers, soit 76% de moins qu’au premier semestre 2019.

Et entre avril et mai, le groupe ne transportait en moyenne que 500 passagers par jour, l’aéroport international de Hong Kong faisait face à des dizaines d’avions cloués au sol.

Avant même la pandémie, Cathay avait été miné par la crise politique à Hong Kong, et les mobilisations de 2019 qui avaient considérablement réduit le nombre de passagers, en particulier en provenance de Chine continentale, marché pourtant crucial.

La compagnie avait également subi la colère de la Chine en raison du soutien de certains employés à la mobilisation pro-démocratie. Ainsi, avant même que le coronavirus ne frappe, les comptes de Cathay Pacific étaient dans le rouge.

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Cathay Pacific avait dévoilé début juin un plan de recapitalisation de 39 milliards HKD (4,2 milliards d’euros) porté en partie par le gouvernement hongkongais qui a consenti à cette injection inédite pour lui éviter la faillite pure et simple.

Mais Augustus Tang avait précisé que la compagnie dépensait jusqu’à deux milliards HKD chaque mois en pure perte pour se maintenir à flot. Avec le plan de restructuration, Cathay espère réduire de 500 millions HKD (54,4 M€) ses dépenses mensuelles.

Selon un scénario optimiste contenu dans une note aux investisseurs, Cathay Pacific espère opérer l’an prochain à la moitié de ses capacités d’avant la pandémie.