dimanche, juin 23

La Suède banni Huawei de son réseau 5G

La Suède a explicitement banni les groupes chinois Huawei et ZTE de son nouveau futur réseau télécoms 5G, invoquant la sécurité nationale.

« Nous nous opposons fermement à l’abus du concept de +sécurité nationale+, à la violation des règles de marché et des principes de concurrence équitable, en l’absence de toute base factuelle ou de preuve solide », a réagi l’ambassade de Chine à Stockholm dans un communiqué.

Cette dernière a déploré « le bannissement d’entreprises chinoises sur des accusations infondées, créant des barrières artificielles à la coopération ».

«La Chine est l’une des plus grandes menaces pour la Suède»

«La Chine est l’une des plus grandes menaces pour la Suède», a déclaré Klas Friberg, chef des services de sécurité suédois. Il a ajouté que la Chine aidait son développement économique et ses capacités militaires par «une vaste collecte de renseignements et le vol de technologie, de recherche et de développement».

«C’est ce que nous devons considérer lors de la construction du réseau 5G du futur. Nous ne pouvons pas faire de compromis avec la sécurité de la Suède», a assuré ce dernier. La Suède a pris cette décision à la suite d’un examen de son autorité de régulation des télécoms, associée à l’armée et au renseignement.

Le but de cet examen était de « garantir que l’utilisation des fréquences ne met pas en danger la sécurité de la Suède », a indiqué l’Autorité suédoise des télécoms (PTS) dans un communiqué.

Huawei, numéro un mondial du secteur, et ZTE, un autre des principaux équipementiers télécom, seront bannis de toutes les « fonctions centrales », c’est-à-dire peu ou prou l’ensemble du réseau selon l’inventaire dressé par la PTS.

« Les nouvelles installations dans les fonctions centrales (…) doivent être menées sans les fournisseurs Huawei ni ZTE », a-t-elle ordonné à ses opérateurs candidats aux fréquences 5G. Les deux sociétés en tête du classement sont Ericsson est principal concurrent suédois de Huawei dans la 5G, ainsi que le finlandais Nokia.

Les équipement déjà installés pouvant servir à la 5G devront être retirés d’ici au 1er janvier 2025, un délai encore plus court que celui fixé par Londres, qui a donné jusqu’à 2027.

La Suède est le deuxième pays d’Europe a bannir Huawei.

La Suède est aussi le premier de l’Union européenne à explicitement bannir Huawei de la quasi-totalité de l’infrastructure nécessaire pour faire fonctionner son réseau 5G.
Cependant, les positions européennes sont divergentes sur la question, et les préconisations prises par Bruxelles, qui a donné un feu vert sous conditions, sont non contraignantes.

La France, sans l’avoir exprimé publiquement, a banni l’utilisation d’équipements Huawei pour la 5G dans les « zones très denses », soit toutes les grandes agglomérations françaises, selon l’opérateur Bouygues. De plus, les périodes d’utilisation des équipements seront également limitées à huit ans.

Sans viser directement Huawei, la Slovénie et la Roumanie ont aussi pris des mesures facilitant sa mise à l’écart des appels d’offres. D’autres pays européens, comme l’Espagne, la Pologne ou la Grèce, prévoient eux en revanche que les opérateurs puissent utiliser les équipements de Huawei.

La campagne américaine anti-Chine a atteint l’Europe

Cliquez pour en savoir plus sur la confrontation entre la Chine et les Etats-Unis

Les Etats-Unis mènent depuis plusieurs mois une campagne active contre Huawei, ainsi qu’un lobbying agressif contre la Chine. L’objectif pour les américains est de conserver leur place de leader dans le domaine technologique, pour cela Washington fait tout pour faire bannir son plus grand concurrent : la Chine, via ses géants tls que Huawei, ZTE, Alibaba, TikTok, …

De plus, Washington n’a plus d’équipementier de télécommunication d’ampleur dans les réseaux mobiles, et encourage donc ouvertement ses partenaires européens à faire de même, sur de guerre froide avec la Chine.

Les services de renseignement américains craignent que les sociétés américaines comme Huawei, ZTE, ou TikTok ne permettent aux autorités chinoises de surveiller les communications et trafics de données. Huawei assure qu’il refuserait toute demande de ce type émanant du renseignement chinois.

Le Japon et l’Australie, deux proches alliés des Etats-Unis qui souhaitent instaurer un axe « indopacifique » pour contrer les ambitions chinoises, ont suivi le mouvement américain. D’ailleurs, les Etats-Unis, le Japon et l’Australie ont procédé le 19 octobre à des manœuvres navales en mer de Chine méridionale, pour la cinquième opération conjointe de l’année dans ce secteur.

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