La Chine va faire disparaître les quelque 25 millions d’anciens vélos partagés qui s’entassent dans d’immenses cimetières.

D’après le South China Morning Post, trois ans après le déclin de l’économie chinoise du vélo en libre-service, la Chine compte envoyer les derniers 25 millions de vélos abandonnés dans des usines de recyclage.

L’objectif de la Chine est d’éliminer le reste de ces vélos désolants, qui polluent les espaces et le paysage urbain. Après avoir favoriser l’économie de partage, notamment les vélos, le gouvernement va devoir nettoyer les dégâts laissés par des dizaines d’entreprises qui ont fait faillite.

Le journal hongkongais a expliqué que jusqu’à récemment, presque toutes les grandes villes de Chine avaient un « cimetière à vélos », « où des centaines de milliers » de ces bicyclettes colorées hors d’usage « étaient empilées après la faillite de leurs exploitants ».

Au total, plus de 70 compagnies sont concernées, avec chacune leurs propres couleurs de vélos. À Pékin et Shangaï particulièrement, le vélo est privilégié. Après avoir encouragé la pratique, le gouvernement finit par sévir et distribue des amendes aux cyclistes enfreignant le code de la route, car les vélos sont laissés n’importe où.

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Dans le même temps, les actes de vandalisme se multiplient et les entreprises peinent à assurer la maintenance de leurs flottes. Cette situation entraîne l’explosion de la bulle des systèmes de vélos en libre-service, passée « de zéro » à « un pic » avant de connaître « une déflation rapide » en quatre années.

Cimetière de Wudaokou, quartier de Beijing (Photo. Céline Tabou)

Kuqi Bikes, Bluegogo, Dingding Bikes, 3VBikes ou encore Wukong Bikes, mettent la clé sous la porte, incapables de rembourser les dépôts de leurs clients. Seul Mobike, racheté par Tencent, un des géants de l’économie chinoise, sort la tête de l’eau.

Depuis, les deux roues s’amoncellent et rouillent dans les grandes métropoles, sans que personne ne puisse être légalement tenu responsable. « L’un de ces dépotoirs », dans la ville de Xiamen, dans la province du Fujian, était « autrefois le plus grand en son genre avec plus de 200 000 véhicules rouillés ».

Mais selon Wu Guoyong, un photographe de Shenzhen qui s’est fait connaître en utilisant des drones aériens pour prendre des photos spectaculaires de ces piles de vélos, « la plupart des cimetières à vélos ont déjà disparu ».

Le gouvernement s’est emparé de la problématique, car le recyclage des deux-roues abandonnés est une importante manne financière. En effet, la plupart sont composés d’aluminium et d’acier, deux matériaux assez prisés.

Au total, un vélo récupéré par un recycleur lui rapporterait en moyenne 40 yuans (5 euros). Multipliés par 27 millions, les chiffres deviennent vite colossaux, d’où l’intérêt autour de ces décharges.

Les services de recyclables de Chine se sont occupées de 4 millions de véhicules depuis 2017, en rachetant notamment 430 000 vélos de Xiaoming Bike, qui a fait faillite en 2018, pour 12 yuans (1,50 €) l’unité.