La croissance chinoise conforme aux objectifs, mais reste faible
La Chine a atteint son objectif de croissance de 5% en 2025, mais les chiffres du dernier trimestre 2025 montrent un ralentissement de la seconde puissance économique mondiale.
La Chine a officiellement atteint l’objectif de croissance annoncé de 5% en 2025 grâce notamment à ses exportations, mais les chiffres du dernier trimestre de l’année publiés le 19 janvier montrent un ralentissement significatif de la deuxième économie mondiale.
Les 5% de croissance rendus publics lundi par le Bureau d’Etat des statistiques (BES) sont conformes à l’objectif d' »environ 5% » énoncé par les dirigeants, après une hausse de 5% en 2024.
Cela reste néanmoins une des croissances les plus faibles depuis des décennies, hors pandémie. Les données communiquées le 19 janvier confirment la langueur de la demande intérieure. Le tableau est assombri par les chiffres du dernier trimestre de 2025 au cours duquel l’économie n’a crû que de 4,5%, comme s’y attendaient les experts.
Kang Yi, directeur du BNS, a expliqué lors d’un point presse que « le contexte de confrontation commerciale globale qui a caractérisé 2025 et affirmé la robustesse de l’économie chinoise, qui lui a permis d’absorber les chocs et d’afficher l’un des taux de croissance les plus élevés des grandes économies ».
« L’économie chinoise a progressé en 2025 malgré les pressions et a atteint un taux de croissance de 5,0% dans un contexte d’aggravation des impacts externes négatifs », a-t-il expliqué, « cela témoigne de notre résilience et de notre dynamisme ».
D’importants défis
La société d’analyse Capital Economics a indiqué dans une note que « les chiffres officiels (de la croissance) surestiment le rythme de l’expansion économique d’au moins 1,5 point de pourcentage ».
Les données de décembre « suggèrent que la croissance de la production a gagné en dynamisme en fin d’année, mais cela est largement dû à la bonne tenue des exportations », dit-il.
L’économie chinoise fait face à une série de défis, dont une consommation des ménages durablement atone et une crise persistante dans le secteur immobilier.
Les ventes au détail, indicateur clé de la consommation, ont ainsi augmenté en décembre de 0,9% sur un an, à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans et la sortie des restrictions liées au Covid-19, a indiqué le BES. La production industrielle a quant à elle progressé de 5,2% en décembre, soit une baisse par rapport aux 5,8% enregistrés en 2024.
Il s’agit d’une « bonne nouvelle », a estimé Capital Economics, qui a expliqué que « la demande extérieure de produits chinois semble se renforcer, la croissance des exportations et les ventes industrielles destinées à l’exportation ayant toutes deux accéléré le mois dernier ».
D’anciens problèmes et de nouveaux défis
L’année 2025 a été marquée par l’âpre guerre commerciale livrée aux États-Unis à coups de droits de douanes et de restrictions depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Les tensions ont aussi été vives avec l’Union européenne, autre partenaire primordial.
« On constate que l’impact des changements dans l’environnement extérieur s’est accentué, que la contradiction interne (en Chine) entre une offre forte et une demande faible est manifeste, et que le développement économique est encore confronté à de nombreux problèmes anciens et à de nouveaux défis », a souligné le directeur du BES, Kang Yi.
Ce dernier a rappelé la nécessité de stimuler la demande intérieure. La Chine est pressée par ses surcapacités de production et par ses partenaires commerciaux inquiets de voir ces excédents se déverser sur leur marché. Face à ces attentes, la Chine tente d’opérer une transition vers un modèle de croissance tiré davantage par la demande intérieure, plutôt que par les exportations.
La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial record de près de 1.200 milliards de dollars. Mais avec la guerre commerciale menée en 2025, les exportations vers les États-Unis ont diminué de 20% sur un an en dollars.
Kang Yi a nuancé les données de la consommation en déclarant que la Chine affichait des ventes au détail parmi les plus importantes au monde et que les ventes de services avaient notablement augmenté. Avec la taille de sa population, « le potentiel d’augmentation de la consommation est énorme », a-t-il déclaré.
En 2026, « les politiques visant à stimuler la consommation continueront« , avec la poursuite des programmes de reprise de produits usagés et des plans à venir pour augmenter les revenus en zones urbaines et rurales, a-t-il dit.
Le secteur immobilier reste toujours empêtré dans une crise de la dette persistante, malgré des baisses de taux et un allègement des conditions d’achat, et les experts ne s’attendent pas à un rebond proche. Les chiffres publiés lundi montrent que l’investissement en actifs fixes s’est contracté de 3,8% sur un an en 2025.


