Les données officielles montrent que le PIB de la Chine a augmenté de 3,9% au cours du trimestre juillet-septembre 2022 en glissement annuel.

L’économie chinoise a donc rebondi à un rythme plus rapide que prévu au troisième trimestre, mais les restrictions strictes du COVID-19, une crise immobilière qui s’aggrave et les risques de récession mondiale freinent les efforts de Pékin pour favoriser une reprise robuste au cours de l’année prochaine.

Le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a augmenté de 3,9% au cours du trimestre juillet-septembre en glissement annuel, selon les données officielles, au-dessus du rythme de 3,4% prévu dans un sondage d’analystes de l’agence de presse Reuters, et en accélération du rythme de 0,4% au deuxième trimestre.

Les données devaient être publiées le 18 octobre, mais elles ont été retardées au milieu d’un Congrès clé du Parti communiste débuté le 16 octobre et qui s’est terminé avec Xi Jinping obtenant un troisième mandat sans précédent en tant que « core leader ».

« L’économie chinoise a une grande résilience, un grand potentiel et une grande latitude », a déclaré Xi Jinping, lors d’une conférence de presse lors du XXème Congrès du PCC, alors qu’il dévoilait la nouvelle équipe de direction du Parti communiste pour les cinq prochaines années.

« Ses fondamentaux solides ne changeront pas et il restera sur une trajectoire positive à long terme », selon les analystes interrogés par Reuters. L’économie a été soutenue par le secteur manufacturier, avec des données distinctes montrant que la production industrielle en septembre a augmenté de 6,3% par rapport à l’année précédente, dépassant les attentes d’un gain de 4,5% et de 4,2% en août.

Les actions chinoises ont cependant chuté ce 24 octobre, le yuan s’est affaibli alors que les investisseurs se concentraient sur la nouvelle équipe dirigeante de la Chine, qui est composée de loyalistes à Xi Jinping. Cette situation augmente les craintes des investisseurs qu’il double ses politiques idéologiques au détriment de la croissance économique.

Malgré le rebond, l’économie fait face à des défis sur plusieurs fronts au pays et à l’étranger. La stratégie zéro Covid de la Chine et la crise du secteur immobilier (pilier de l’économie chinoise) ont exacerbé la pression extérieure de la crise ukrainienne et un ralentissement mondial dû à des hausses de taux d’intérêt pour freiner l’inflation galopante.

Un sondage de l’agence de presse Reuters prévoit que la croissance de la Chine ralentira à 3,2% en 2022, bien en deçà de l’objectif officiel d’environ 5,5%, marquant l’une des pires performances en près d’un demi-siècle.

La conjoncture actuelle en Chine reste tendue car les exportations ont augmenté de 5,7% par rapport à l’année précédente en septembre, dépassant les attentes mais au rythme le plus lent depuis avril.

Les importations elles ont augmenté d’un faible 0,3 %, en deçà des estimations d’une croissance de 1,0%. Tandis que les ventes au détail ont augmenté de 2,5%, loin des prévisions d’une augmentation de 3,3%, et ralentissant par rapport au rythme de 5,4% d’août, signe d’une demande intérieure encore fragile.

Le taux de chômage urbain étudié a atteint 5,5% en septembre, le plus élevé depuis juin, avec le taux de chômage des demandeurs d’emploi âgés de 16 à 24 ans à 17,9%. Cette situation risque de peser sur le mandat de Xi Jinping qui devra s’assurer de politiques économiques efficaces et stables.

Enfin, les prix des logements neufs d’un mois à l’autre ont chuté pour le deuxième mois consécutif en septembre, marquant un rejet de la part des des acheteurs dans un secteur économiquement vital pour le pays. D’autant plus que les acheteurs ont décidé de ne plus payer leurs mensualités à des promoteurs endettés qui tentent de mettre en commun leurs ressources et livrer les projets à temps.

Les décideurs ont mis en place plus de 50 mesures de soutien économique depuis fin mai, afin de soutenir l’économie pour atténuer les pressions sur l’emploi, même s’ils ont minimisé l’importance d’atteindre l’objectif de croissance, qui a été fixé en mars.

Les nouveaux prêts bancaires en Chine ont presque doublé en septembre par rapport au mois précédent et ont largement dépassé les attentes, grâce aux mesures de la banque centrale pour relancer l’économie.

« Sur le plan politique, la politique globale restera favorable », a déclaré Hao Zhou, économiste en chef chez Guotai Junan International, ajoutant qu’« à notre avis, un nouvel élan politique est nécessaire pour soutenir la reprise économique, mais des baisses supplémentaires des taux d’intérêt sont peu probables pendant une période de hausses agressives des taux des banques centrales mondiales. »