Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que la Chine devait freiner la croissance du crédit, jugé intenable sur la durée. L’institution souhaite que Beijing cesser de financer les entreprises en grande difficulté, notamment dans l’industrie manufacturière.

« La dette des entreprises en Chine est encore gérable mais à environ 145% du PIB, elle est élevée quel que soit le critère de mesure« , a déclaré James Daniel, le chef de la mission du FMI en Chine. Les dettes des entreprises, en excluant le secteur financier, s’établissaient en 2015 à environ 120% du PIB chinois, mais elles pourraient bondir à près de 140% d’ici à 2019, selon des projections du Fonds.

Entreprise allemande KUKARaison pour laquelle, ce dernier appelle le pouvoir central à renoncer à se fixer des objectifs de croissance élevés,  suggérant à Beijing de se fixer un objectif de croissance d’environ 6% pour 2017.  Le FMI souhaite également que le gouvernement lutte contre le  laxisme budgétaire, profitant principalement aux collectivités locales et aux entreprises publiques : « cela requiert une stratégie globale et des mesures décisives pour répondre au problème de la dette des entreprises« , a assuré ce dernier.

D’autant plus que les entreprises privées, n’ayant pas de subventions d’Etat, représentent la moitié du crédit bancaire, et seulement 20% de la production industrielle, note le récent rapport du FMI. Pour les économistes, il reste encore de nombreuses  sociétés publiques non viables qui doivent être liquidées et d’autres encore viables, devant être restructurées.

Globalement, 14% de la dette du pays concerne des entreprises affichant des profits inférieurs aux intérêts de leur dette, précise le rapport du FMI, ajoutant que la croissance du crédit est 2 fois supérieure à celle du PIB.

Le FMI a tout de même prévu une croissance de 6,6% cette année, un taux confirmant la fourchette de 6,5% à 7% prévue par Beijing,  avec une hausse du taux de hausse de l’inflation de 2%. Cependant, « la pratique de fixation d’objectifs annuels de croissance (plutôt que de prévisions) a eu pour effet d’accorder une priorité non-souhaitable aux mesures de soutien de court terme et de faible qualité », a estimé le rapport.

Directrice du FMI, Christine Lagarde

Directrice du FMI, Christine Lagarde

De son côté, le China Internet Information Center a mit en avant les déclaration de James Daniel, assurant avoir « une vision positive des perspectives de croissance de la Chine, du fait que celle-ci continue à mobiliser ses ressources considérables et rattrape les économies à revenu élevé ».

D’après l’agence de presse, Reuters, pour le FMI, les responsables chinois devraient accorder moins d’attention aux objectifs de croissance et davantage à d’autres indicateurs plus spécifiques, comme la croissance du revenu des ménages. En réponse, le CIIC a indiqué que « la consommation des ménages devrait continuer à augmenter, aidée en cela par la baisse de l’épargne des ménages et la hausse du revenu disponible ».

D’après l’Agence France Presse, « la transition continuera d’être complexe, difficile et potentiellement chaotique, alors que les risques augmentent et que les facteurs de solidité s’effritent ».

Les autorités  espèrent une croissance restant dans une fourchette de 6 à 7%, « ce qui semble envisageable compte tenu du potentiel de restructuration, de modernisation et de convergence dans les régions moins développées », d’après le CIIC. Tandis que le FMI estime que la croissance du pays diminuera progressivement au fil des ans pour revenir autour de  5,8% en 2021.