Le Premier ministre français, Edouard Philippe a été reçu ce 25 juin 2018 à Beijing par le président Xi Jinping, afin de «poursuivre la conversation» débutée en janvier 2018 lors de la visite en Chine du président Emmanuel Macron.

Edouard Philippe a plaidé pour que les deux pays jouent une même «partition» pour «un multilatéralisme fort», alors que Washington a ouvert plusieurs fronts dans sa guerre commerciale avec la Chine, l’Union européenne ou encore le Canada.

Edouard Philippe a pointé «les faiblesses» du «cadre multilatéral» actuel, assurant que son gouvernement croit «au bien-fondé et à la sagesse des normes internationales». Mais «ces normes il faut bien sûr les actualiser, les modeler à l’aune des nouveaux défis» en coopération avec la Chine qui doit jouer en la matière «un rôle de leader», a souligné le Premier ministre.

Après s’être rendu à Shenzhen et Shanghai, le Premier ministre dit «poursuivre la conversation, la discussion, le travail engagé il y a cinq mois par le président de la République à l’occasion de sa visite dont il s’est beaucoup réjoui».

La venue de d’Emmanuel Macron «lui a permis de dire combien il comptait sur le partenariat stratégique de la France et la Chine, noué depuis longtemps, et toujours dans une attitude indépendante et soucieuse d’un travail prévisible, stable qui permette d’accéder à une forme de prospérité», a rappelé Edouard Philippe au président Xi Jinping.

«Il y a beaucoup de partenariats stratégiques qui ont été noués entre la Chine et la France dans des domaines souvent très liés à la souveraineté. Je pense bien sûr au nucléaire civil», a poursuivi le français.

Les présidents Emmanuel Macron et Xi Jinping à Beijing en janvier 2018

En janvier, le président français Emmanuel Macron est parvenu à décrocher un contrat à 10 milliards d’euros pour New Areva. Il s’agit d’un «mémorandum pour un accord commercial» sur la construction d’une usine de traitement des combustibles nucléaires usagés par l’ex-fleuron français de l’atome civil Areva.

Ce chantier devrait débuter en 2020 et durer une décennie. La future usine franco-chinoise pourrait traiter jusqu’à 800 tonnes de combustibles usés par an, permettant d’en recycler une partie sous forme de MOX, mélange de plutonium usagé et d’uranium, selon les technologies développées par New Areva.

De son côté, Xi Jinping a estimé que depuis la visite d’Emmanuel Macron, «les relations sino-françaises connaissent un point de départ plus stable et plus sain», souhaitant continuer à «travailler ensemble pour enrichir le partenariat stratégique».

Le président chinois a souligné que «quand vous étiez maire du Havre, vous êtes venu plusieurs fois en Chine». De ce fait, «vous connaissez bien la Chine, c’est favorable à nos échanges dans l’avenir. Je suis convaincu qu’en tant que Premier ministre vous améliorerez encore la relation sino-française», a-t-il assuré.

«A ce jour, le monde est le théâtre de changements profonds et complexes», a souligné Xi Jinping, indiquant que son pays est prêt «à collaborer avec la France afin que les relations bilatérales continuent à servir de modèle pour le respect mutuel, la coopération gagnant-gagnant, ainsi que les échanges et l’apprentissage mutuel entre les pays».