En mai 2019, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) a été inscrite au sein du Système international de classification des maladies publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce système recense un ensemble de symptômes, de maladies et de lésions, destiné à faciliter le travail des médecins et des pouvoirs publics du monde. Les médecines traditionnelles chinoises, mais aussi coréennes et japonaises gagneront ainsi en audience et en légitimité.

L’internationalisation de la MTC présente des difficultés. Il a fallu d’abord unifier différentes «traditions» au sein du système.

Dans un document stratégique 2014-2023, l’OMC note que « la médecine traditionnelle (MT) constitue un pan important et souvent sous-estimé des services de santé. Dans certains pays, la médecine traditionnelle ou non conventionnelle peut être appelée médecine complémentaire (MC). Cela fait bien longtemps que la médecine traditionnelle est pratiquée afin de préserver la santé ou de prévenir et traiter les maladies, en particulier les maladies chroniques ».

Cette Stratégie a pour objectif d’aider les États Membres à :

  • mettre à profit la contribution potentielle de la MT à la santé, au bien-être et aux soins de santé centrés sur la personne ;
  • favoriser un usage sûr et efficace de la MT au moyen de la réglementation, de la recherche et de l’intégration des produits, pratiques et praticiens de MT dans les systèmes de santé, le cas échéant.

La Stratégie vise à épauler les États Membres dans le développement d’une politique active et la mise en œuvre de plans d’action qui permettront à la MT de jouer un rôle accru dans la préservation de la santé des populations, notent les rapporteurs.

Ce plan stratégique s’appuie sur Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2002-2005, qui examinait la situation de la MT à l’échelle mondiale et dans les États Membres, et fixait quatre grands objectifs :

  • Politique – intégrer la MT aux systèmes nationaux de soins de santé, de manière appropriée, en développant et en mettant en œuvre des politiques et programmes de MT.
  • Qualité, sécurité et efficacité – promouvoir la sécurité, l’efficacité et la qualité de la MT en étendant la base de connaissances sur la MT et en conseillant sur la réglementation et les normes de l’assurance de la qualité.
  • Accès – augmenter la disponibilité et l’accessibilité financière de la MT, de manière appropriée, en faisant porter l’accent sur l’accès pour les populations pauvres.
  • Usage rationnel – Promouvoir un usage thérapeutique judicieux de la MT appropriée par les prestataires et les consommateurs.

En dépit des objectifs fixés depuis le début du millénaire, il existe de nombreux défis tels que :

  • l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et réglementations ;
  • l’intégration, en particulier l’identification et l’évaluation de stratégies et de critères permettant l’intégration de la MT au système de santé national et aux soins de santé primaires ;
  • la sécurité et la qualité, notamment l’évaluation des produits et services, la qualification des praticiens, la méthodologie et les critères permettant d’évaluer l’efficacité ;
  • la capacité à contrôler et à réglementer la publicité et les allégations de la MT et de la MC (MT/MC) ;
  • la recherche et le développement ;
  • l’éducation et la formation des praticiens de MT ;
  • l’information et la communication, par exemple la diffusion d’informations concernant les politiques, la réglementation, les profils de services et les données de recherche, ou l’obtention d’informations objectives et fiables par les patients.