La mission lunaire chinoise Chang’e-7 vise à rechercher de l’eau au pôle Sud lunaire

La mission lunaire chinoise Chang’e-7 testera des technologies robotiques de pointe tout en recueillant des données susceptibles d’orienter les projets chinois d’établissement d’une base de recherche lunaire permanente.

La Chine s’apprête à lancer Chang’e-7, sa mission lunaire la plus complexe technologiquement pour rechercher des réserves d’eau gelée dans des cratères constamment plongés dans l’ombre, près du pôle Sud lunaire.

Cette mission sans équipage, baptisée du nom d’une déesse lunaire chinoise mythique, Chang’e, prévoit le déploiement d’un atterrisseur robotisé, d’un rover et d’une sonde à déplacement par sauts vers l’un des endroits les plus froids du système solaire. Elle constituera une étape majeure vers l’objectif à long terme de Pékin : établir une présence humaine permanente sur la Lune. Des plans sont en cours pour un alunissage habité avant 2030 et la mise en place d’une station de recherche conjointe avec la Russie d’ici 2035.

La sonde Chang’e-7 décollera du site de lancement spatial de Wenchang, dans la province insulaire de Hainan, au sud de la Chine, à bord d’une fusée Longue Marche 5. Sa charge utile comprendra également divers instruments scientifiques, tels que des analyseurs d’eau, des caméras et des radars.

Une fois en orbite lunaire, la sonde explorera d’abord des sites d’atterrissage potentiels au pôle Sud avant de tenter un atterrissage. L’un des sites candidats se situe près du rebord du cratère Shackleton, une dépression constamment plongée dans l’ombre. Le rebord dentelé du cratère, en revanche, est presque continuellement éclairé par le soleil. La Chine n’a pas encore communiqué de calendrier pour la mission Chang’e-7, mais les observateurs spatiaux estiment qu’une tentative d’atterrissage aura lieu aux alentours de novembre.

Après l’atterrissage, le rover et le module d’exploration commenceront à cartographier la surface lunaire. D’ailleurs, les cratères proches du pôle Sud lunaire n’ont pas vu la lumière du soleil depuis des milliards d’années. De ce fait, les scientifiques pensent qu’ils pourraient agir comme des congélateurs capables de préserver de l’eau ancienne et des composés organiques volatils. Selon la NASA, les températures peuvent descendre jusqu’à -203 °C (-334 °F) dans certaines de ces zones ombragées.

Trouver de l’eau accessible est crucial pour les futures bases lunaires, car elle pourrait fournir de l’eau potable, de l’oxygène aux astronautes et même servir de propergol, réduisant ainsi le besoin de coûteuses missions de ravitaillement depuis la Terre.

Contrairement à la plupart des régions lunaires, où une nuit lunaire dure jusqu’à 14 jours terrestres, les hauts sommets et les bords des cratères proches du pôle Sud reçoivent un ensoleillement quasi constant et constitueraient un emplacement idéal pour un avant-poste lunaire, avec un climat thermique relativement stable et un approvisionnement continu en énergie solaire.

Les États-Unis, l’Inde et la Russie ont également jeté leur dévolu sur le pôle Sud lunaire. Mais seule l’Inde a réussi à se poser à proximité avec Chandrayaan-3 en 2023. Dans les années à venir, le rover VIPER de la NASA, le module de forage PROSPECT de l’Agence spatiale européenne et le rover LUPEX, né d’une collaboration nippo-indienne, devraient atteindre le pôle Sud lunaire, alors que la course à la découverte de sources d’eau s’intensifie.

L’un des défis posés aux rovers à roues traditionnels réside dans la forte pente des bords des cratères. Pour descendre jusqu’au fond obscur d’un cratère, Chang’e-7 va déployer une sonde sauteuse d’un nouveau genre. Équipée d’un analyseur de molécules d’eau, cette sonde utilisera ses petits propulseurs pour pénétrer dans l’ombre des cratères. Elle se posera ensuite sur ses six pattes articulées, avant de remonter par sauts vers les bords ensoleillés pour se recharger.

Les détails techniques concernant le poids, les performances du moteur et l’autonomie de vol de cette sonde restent inconnus. Mais l’agence de presse chinoise, Xinhua, a rapporté que le véhicule devrait effectuer au moins trois sauts lunaires au cours de sa mission.

Les données recueillies par Chang’e-7 et la prochaine mission Chang’e-8, dont le lancement est prévu vers 2029, seront cruciales pour le plan chinois d’un alunissage habité d’ici 2030. Ces deux missions visent en effet à jeter les bases d’une station de recherche habitée en permanence.

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