Des chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan, en Chine, ont découvert une nouvelle branche dans l’arbre généalogique des coronavirus de chauve-souris et les résultats n’étayent pas la théorie de la fuite d’un laboratoire du SARS-CoV-2, a rapporté le quotidien South China Morning Post.

Laboratoire P4 de l’Institut de Virologie de Wuhan

Selon les chercheurs, les virus présentent des niveaux élevés de similarité dans certaines zones du génome. Ils sont plus éloignés du nouveau coronavirus responsable de la Covid-19 que plusieurs autres virus connus, ont déclaré les chercheurs dans un article, cités mardi par le journal.

Dans cet article, les chercheurs affirment que « les preuves ne sauraient soutenir » la théorie de la fuite du nouveau coronavirus de l’Institut de virologie de Wuhan, car la souche la plus proche de leurs laboratoires, qui présente une similarité de 96% avec le SARS-CoV-2, soit des décennies de distance évolutive, a une très faible capacité à se lier aux cellules humaines.

Dans le cadre de leur recherche, les chercheurs ont examiné huit virus provenant de plus de 1.000 échantillons collectés en 2015 auprès de chauves-souris dans et autour d’une grotte minière dans la province chinoise du Yunnan (sud-ouest).

«Ces virus ne pouvaient pas se lier efficacement à un récepteur cellulaire humain utilisé par d’autres coronavirus qui infectent les personnes, selon les expériences menées sur l’un d’entre eux, surnommé RaTG15, ce qui indique un faible potentiel de débordement sans adaptation supplémentaire», selon l’article cité par le South China Morning Post.

L’article fournit une preuve supplémentaire que le laboratoire de Wuhan ne contient pas un virus suffisamment proche du SARS-CoV-2 pour qu’il soit à l’origine de l’épidémie de COVID-19, a souligné le biologiste évolutionniste Edward Holmes de l’université de Sydney, qui n’a pas participé aux travaux, ajoutant que les derniers virus sont « clairement éloignés du SARS-CoV-2 ».

Les recherches pour déterminer l’origine du Covid-19 se poursuivent, mais aux Etats-Unis la théorie de l’accident de laboratoire revient en force dans le débat. Le Wall Street Journal a cité un rapport du renseignement américain, affirmant que trois chercheurs de Wuhan avaient été atteints dès novembre 2019 de « symptômes compatibles à la fois avec ceux du Covid-19 et une infection saisonnière« , ayant nécessité des soins hospitaliers. Pékin a démenti les informations du Wall Street Journal, les qualifiant de « totalement fausses ».  

Mindray Medical International Limited est un développeur, fabricant et distributeur mondial d’instruments médicaux basé à Shenzhen, en Chine.

Mise de côté par la plupart des experts, jugée hautement improbable, la théorie de l’accident de laboratoire pour expliquer l’origine du Covid-19 est revenue en devant de la scène américaine. Andy Slavitt, conseiller de la Maison Blanche pour la lutte contre le Covid-19, a indiqué que «nous devons aller au fond des choses, quelle que soit la réponse, et c’est une priorité pour nous».

Lire aussi : Origine du Covid-19 : Washington veut une enquête, Beijing dénonce un «virus politique»

Cette dernière a ajouté que «nous avons besoin d’un processus complètement transparent de la part de la Chine, et que l’OMS apporte son aide sur le sujet». Or après un séjour de quatre semaines à Wuhan en janvier 2021, une étude conjointe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et chinois a jugé en mars « extrêmement improbable » un accident de laboratoire.

Cependant, le président de l’OMS lui-même, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait réclamé une nouvelle enquête sur l’hypothèse de la fuite de laboratoire. De plus, mi-mai 2020, une quinzaine d’experts ont publié une tribune dans la prestigieuse revue Science, attestant avoir «besoin de davantage de recherches pour déterminer l’origine de la pandémie». Les théories d’une origine animale ou accidentelle en laboratoire « restent toutes les deux viables », ont-ils écrit, mais « il ne leur a pas été donné une considération équitable ».