Harry Boneham, analyste aérospatial chez GlobalData, a réagit à l’annonce de la livraison par le China Manned Space Engineering Office (CMSEO) de la fusée Longue Marche 5B (LM-5B) destinée à transporter en orbite le deuxième module de la station spatiale chinoise.

L’analyste de GlobalData, a expliqué que « la livraison du Long March 5B (LM-5B) démontre l’engagement de la Chine à développer une industrie spatiale nationale de premier plan ».

La Chine fait partie d’un groupe restreint d’États capables d’exploiter sa propre station spatiale. Le rapport de GlobalData, « Systèmes spatiaux dans l’aérospatiale et la défense – Recherche thématique », a mit en exergue que le LM-5B a été spécifiquement conçu pour permettre à la Chine de construire, équiper et fournir une station spatiale.

La fusée Long March 5B est un lanceur lourd chinois capable de placer une charge utile de 25 tonnes en orbite basse (en version CZ-5B) et de 13 tonnes en orbite de transfert géostationnaire.

Elle fait désormais partie de la nouvelle génération de fusées chinoises développées dans le but de compléter et à terme remplacer la famille des lanceurs Longue Marche 2, 3 et 4 construits aux débuts du programme spatial chinois.

La LM-5B utilise de nouveaux moteurs performants et brûlant un mélange semi-cryogénique kérosène/oxygène liquide, permettant à la Chine de disposer d’un lanceur lourd comparable à ceux des autres grandes puissances spatiales.

Cette fusée doit jouer un rôle central dans le programme spatial de la Chine en permettant notamment l’assemblage de la future station spatiale chinoise, des missions ambitieuses d’exploration du système solaire ainsi que les versions les plus lourdes de ses satellites de télécommunications.

« Cependant, la nouvelle (de la livraison de la la fusée, ndlr) soulève la question d’une conduite responsable dans l’espace. De par sa conception, l’étage central du LM-5B atteint l’orbite plutôt que de tomber dans l’atmosphère terrestre. Par conséquent, les deux lancements précédents ont entraîné des rentrées incontrôlées car l’étage central tombe naturellement hors de son orbite, risquant des dommages catastrophiques au sol », a souligné Harry Boneham.

Selon l’analyste, « il est extrêmement difficile de prédire avec précision où et quand l’étape centrale fera sa rentrée, ce qui rend difficile la garantie de la sécurité. À l’avenir, alors que les lancements deviennent plus fréquents, les rentrées incontrôlées ne sont pas une pratique durable »

« En plus de risquer de causer des dommages à la vie et aux biens, cette pratique invite à la condamnation internationale en raison du mépris manifesté pour la sécurité des autres pays. Il reste à voir comment la Chine peut atténuer les risques causés par la conception du LM-5B, mais avec le LM-9 qui n’est pas attendu avant 2030, certaines mesures sont nécessaires », a souligné ce dernier.

Récemment, la fusée chinoise Longue Marche-5B Y3, qui lancera le module laboratoire Wentian pour la station spatiale nationale, est arrivée le 29 mai sur le site de lancement dans la province insulaire méridionale de Hainan.

La fusée, ainsi que le module laboratoire Wentian déjà acheminé sur le site de lancement d’engins spatiaux de Wenchang, seront assemblés et testés sur le site de lancement, a annoncé l’Agence chinoise des vols spatiaux habités.

Sur le site de lancement, tous les systèmes impliqués dans la mission font l’objet de préparatifs méthodiques, a indiqué l’agence.

Informations tirées du rapport de GlobalData : Space Systems in Aerospace and Defence – Thematic Research : https://www.globaldata.com/store/report/space-systems-in-aerospace-and-defense-thematic-research/