lundi, mai 20

L’ancien dirigeant taiwanais Ma Ying-jeou en visite en Chine

L’ancien dirigeant de Taïwan Ma Ying-jeou est arrivé en Chine le 27 mars, un déplacement que le parti démocrate et progressiste, au pouvoir, à Taipei a jugé «regrettable».

Ce voyage représente la première visite depuis plus de 70 ans d’un dirigeant de l’île ayant quitté son poste ou en exercice. Cette visite de douze jours ne prévoit pas de rencontres officielles, a indiqué le bureau de Ma Ying-jeou.

Ce dernier va se rendre en revanche, entre autres, à Xiangtan, dans la province du Hunan (Sud-Est), région d’origine de ses parents. Cette venue en Chine a pour objet, outre des hommages à ses ancêtres, la promotion des échanges entre jeunes.

À son départ de l’aéroport de Taipei, l’ancien président de 73 ans a souhaité «améliorer l’atmosphère du détroit» à travers les «interactions enthousiastes des jeunes gens, afin que la paix puisse venir plus vite et plus tôt jusqu’à nous».

Il a été accueilli à l’aéroport de Shanghai par des responsables du gouvernement central et de la municipalité, selon l’agence de presse, Xinhua. Ma Ying-jeou est l’un des principaux dirigeants du Kuomintang (KMT), qui siège actuellement dans l’opposition à Taïwan. Ce parti est favorable à un rapprochement avec la Chine continentale à l’inverse du Parti démocratique progressiste (PDP) de l’actuelle dirigeante Tsai Ing-wen.

Les relations avec la Chine continentale se sont améliorées sous le mandat de Ma Ying-jeou (2008-2016) avec, notamment la tenue du sommet avec le président chinois Xi Jinping à Singapour en 2015.

La Chine considère Taïwan comme sa 23ème province, dont il faudra reprendre les reines, par la force si nécessaire. L’île est auto-administrée depuis 1949 et la fin de la guerre civile, entre le PCC et le KMT. A cette époque, les nationalistes décident de quitter la Chine continentale, après leur défaite face au Parti Communiste Chinois mené par Mao Zedong qui proclamera la République populaire de Chine.

Les relations se sont détériorées depuis l’élection de la successeuse de Ma Ying-jeou, Tsai Ing-wen, qui considère Taïwan comme une nation souveraine, indépendante et non-subordonnée à la Chine continentale.

En réponse, Pékin a renforcé la pression militaire, économique et diplomatique sur Taïwan, créant des relations avec neuf des alliés de Taïwan, qui n’a plus que treize pays reconnaissant l’île sur le plan diplomatique.

Selon son porte-parole, Ma Ying-jeou espère que sa visite, du 27 mars au 7 avril, permettra d’apaiser les tensions. Le parti taïwanais majoritaire de la présidente Tsai Ing-wen a accusé Ma Ying-jeou de «soutenir» avec cette visite la politique de la Chine envers Taïwan.

«Nous devons être plus unis (…) mais c’est regrettable que le KMT se range aux côtés des communistes chinois et que l’ex-président Ma ne tienne pas compte de la désapprobation par l’opinion publique des visites en Chine à ce stade», a déclaré le Parti démocratique progressiste (DPP) dans un communiqué publié le 27 mars.

A l’aéroport de Taipei, une poignée de manifestants a protesté contre la visite de Ma Ying-jeou en Chine, affirmant qu’il avait ainsi «trahi Taïwan». Le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas fait de commentaire sur cette visite, car ce n’est «pas sur une question diplomatique», selon une porte-parole.

De son côté, le Bureau des affaires taïwanaises à Pékin a salué la visite de Ma Ying-jeou et proposé son aide, a indiqué Ma Xiaoguang, porte-parole de l’institution. En février, le vice-président du Kuomintang, Andrew Hsia, s’était rendu neuf jours en Chine et des fonctionnaires de Shanghai étaient ensuite allés à Taipei.

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