La Chine a annoncé avoir créé de nouveaux outils quantiques aux performances inouïes. Les engins chinois sont plus performants que le Sycamore de Google, considéré jusqu’à présent comme l’ordinateur quantique le plus puissant.

Une guerre froide technologique a commencé entre les États-Unis et la Chine, il y a quelques années. Récemment, le CSO du Pentagone a d’ailleurs annoncé sa démission, estimant que la Chine a déjà gagné la course à l’intelligence artificielle.

En effet, la recherche chinoise est parvenue à démontrer l’avantage quantique à deux reprises avec deux technologies différentes : des qubits supraconducteurs d’un côté, un calculateur à photons de l’autre.

Un doublé inédit pour la Chine, qui s’est traduit par deux publications simultanées, le 25 octobre, dans la revue Physical Review Letters.

De leurs côtés, les États-Unis ne sont parvenus à démontrer la supériorité du calcul quantique face au calcul conventionnel qu’avec des qubits supraconducteurs de Google, en octobre 2019.

La comparaison entre le calculateur du géant américain, Sycamore, et le chinois Zuchongzhi 2.1, prédécesseur de Jiuzhang 2.0 est aisée : le premier avait utilisé 53 qubits quand le second, qui en compte 66, en a effectivement exploité 56.

Ensuite, Zuchongzhi 2.1 atteindrait une complexité de calcul 1 million de fois plus importante que son concurrent et serait 10 millions de fois plus rapide que le calculateur du même type le plus puissant.

De son côté, le calculateur photonique chinois Jiuzhang 2.0 est comparable à celui de la génération précédente, qui avait été le premier à démontrer l’avantage quantique du calcul photonique.

Jiuzhang 2.0 a été en mesure de détecter jusqu’à 113 photons, contre 76 pour son aîné. Ce qui le rendrait 10 milliards de fois plus rapide pour résoudre un problème identique.

Selon Pan Jianwei, chercheur en chef de ces études, l’ordinateur quantique à super-conduction programmable Zuchongzhi 2 doté d’une puissance de 66 qubits est 10 millions de fois plus rapide que le Sycamore de Google. Cette machine chinoise est donc officiellement la plus rapide du monde.

Le Zuchongzhi 2 est une version améliorée du premier modèle, daté d’il y a trois mois. Le Jiuzhang 2.0 fonctionne grâce à la lumière, et possède moins d’applications mais il peut atteindre une vitesse 100 sextillions de fois plus rapide que les meilleurs ordinateurs classiques actuels.

De fait, le différend entre la Chine et les États-Unis pour la domination de la technologie est de plus en plus féroce. Cependant, la Chine commence à prendre l’avantage et à sérieusement concurrencé sur ses adversaires.

Un rapport publié par l’École Kennedy de Harvard a constaté que la Chine gagne rapidement du terrain dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), de l’informatique quantique, de la 5G, des semi-conducteurs, de la biotechnologie et de l’énergie verte.

«Dans certains affrontements, [la Chine] est déjà devenu le numéro 1», ont écrit les rapporteurs. «Dans d’autres, sur les trajectoires actuelles, elle dépassera les États-Unis au cours de la prochaine décennie», a indiqué le rapport.

Dans le domaine de l’informatique quantique, la Chine a déjà «dépassé l’Amérique», selon le document. «Contrairement aux révolutions technologiques précédentes qui ont eu lieu lorsque la Chine était encore un pays pauvre, son ascension fulgurante lui a fourni les fonds et la main-d’œuvre pour potentiellement diriger ce domaine.»

Les rapporteurs ont constaté que la Chine est également en tête dans le domaine de l’Intelligence artificielle. La Chine est devenue un «concurrent à spectre complet» des États-Unis. La Chine est également en passe de dominer la technologie 5G, avec 150 millions d’utilisateurs contre seulement 6 millions aux États-Unis.

Globalement, les rapporteurs américains attestent que les nouvelles innovations technologiques de la Chine pourraient consolider davantage le pays en tant que plus grande superpuissance économique du monde, ce qui pourrait éloigner les entreprises des États-Unis vers la Chine.

Cette avancée pourrait également entraîné à des avancées majeures dans l’armement, selon eux, ce qui pourraient menacer la puissance militaire américaine. Le rapport a cité l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, dans le New York Times de 2020, dans lequel il a averti que «les États-Unis sont désormais confrontés à un concurrent économique et militaire en Chine qui essaie de manière agressive de fermer notre avance technologique émergente».