La Chine a publié une longue réfutation de ce qu’elle a qualifié de 24 « allégations absurdes » par certains politiciens américains, de haut rang, concernant sa gestion de l’épidémie de coronavirus.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a vivement rejeté les déclarations du secrétaire d’État Mike Pompeo, selon lesquelles la Chine avait caché des informations sur le nouveau coronavirus et qu’il provenait d’un laboratoire de la ville de Wuhan.

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Un article de 30 pages et 11 000 mots publié sur le site Web du ministère a répété et développé les réfutations faites lors des points de presse, et a commencé par invoquer Abraham Lincoln, le président américain du XIXe siècle.

« Comme l’a dit Lincoln, vous pouvez tromper certaines personnes tout le temps et tromper tout le monde de temps en temps, mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps », ont indiqué les auteurs du document dans le prologue.

L’article cite également des informations parues dans certains médias selon lesquelles des américains avaient été infectés par le virus avant la confirmation du premier cas à Wuhan. Cependant, il n’y a aucune preuve attestant de ces données.

Soucieux de mettre fin aux rumeurs américaines selon lesquelles le virus a été délibérément créé ou divulgué d’une manière ou d’une autre par l’Institut de virologie de Wuhan, l’article explique que toutes les preuves montrent que le virus n’est pas créé par l’homme et que l’institut n’est pas capable de synthétiser un nouveau coronavirus.

L’article met en exergue un calendrier sur la manière dont la Chine a fourni des informations à la communauté internationale de manière «opportune», «ouverte et transparente» pour dénonçant les hypothèses américaines selon lesquelles il avait été lent à tirer la sonnette d’alarme.

Malgré les assurances répétées de la Chine, des inquiétudes persistent quant à l’actualité de ses informations ont persisté dans certains milieux. Le 8 mai, un rapport du magazine allemand Der Spiegel, citant l’agence allemande d’espionnage BND, atteste que la tentative initiale de la Chine de retenir des informations avait coûté au monde quatre à six semaines.

L’article rejetait les critiques occidentales concernant le traitement par Pékin du cas de Li Wenliang, un médecin de 34 ans qui avait tenté de sonner l’alarme au sujet de l’épidémie du nouveau virus à Wuhan. Sa mort de COVID-19 avait provoqué une vague de rage et de chagrin à travers la Chine.

L’article du ministère indique que Li Wenliang n’était pas un «dénonciateur» et qu’il n’a jamais été arrêté, contrairement aux nombreux rapports occidentaux. L’article mentionne que Li Wenliang a été réprimandé par la police pour avoir « répandu des rumeurs ».

Après sa mort, Li Wenliang a été nommé parmi les «martyrs» pleurés par la Chine, une enquête sur son cas a également suscité des critiques en ligne après avoir simplement suggéré que la réprimande contre lui soit retirée.