Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé qu’il existait un «nombre significatif de preuves» que le nouveau coronavirus provient d’un laboratoire de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de la pandémie.

Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi serre la main du secrétaire d’État américain Mike Pompeo en octobre 2018

«Il existe des preuves immenses que c’est de là que c’est parti», a insisté le secrétaire d’État américain sur la chaîne ABC, refusant de dire s’il pensait que le virus avait été libéré intentionnellement par la Chine.

«La Chine est connue pour sa propension à infecter le monde et à utiliser des laboratoires ne respectant pas les normes», a-t-il développé. «Ce n’est pas la première fois que le monde est mis en danger à cause de virus provenant de laboratoires chinois».

Mike Pompeo a dit regretter le manque de coopération des autorités chinoises afin de faire la lumière sur l’origine de la pandémie : «ils continuent d’empêcher l’accès aux Occidentaux, aux meilleurs médecins». «Il faut que nous puissions aller là-bas. Nous n’avons toujours pas les échantillons du virus dont nous avons besoin», a assuré ce dernier.

Le président Donald Trump avait déjà lié le nouveau coronavirus à l’Institut de virologie de Wuhan et menacé la Chine de « taxes douanières punitives », comme lors du conflit commercial que se sont livré pendant des mois les deux premières économies mondiales.

Les déclarations du locataire de la Maison blanche et de son secrétaire d’État dépassent les analyses faites par les services de renseignement américains. Ces derniers ont annoncé le 30 avril être parvenus à la conclusion que le nouveau coronavirus n’avait pas été créé par l’homme ou modifié génétiquement.

Mais qu’ils ne disposaient pas encore d’informations suffisantes « pour déterminer si l’épidémie a commencé par un contact avec des animaux infectés ou si elle a été le résultat d’un accident de laboratoire à Wuhan ».

Un rapport de l’alliance « Five Eyes » entre agences de renseignement anglo-saxonnes (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), obtenu par le Daily Telegraph australien, assure que la Chine a sciemment détruit des preuves sur l’origine du nouveau coronavirus.

Selon le journal, le rapport de 15 pages indique que le gouvernement chinois a fait taire ou « disparaître » les médecins s’étant exprimé sur le sujet, et refusé de partager des échantillons avec la communauté scientifique internationale, quand bien même cela mettait « les autres pays en danger ».

Coordinatrice de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus, le Dr Deborah Birx a également regretté que les autorités chinoises aient tardé à communiquer sur l’épidémie, partie en décembre de Wuhan.

« Il leur a fallu jusqu’à la mi-janvier pour même évoquer une transmission de l’homme à l’homme », a déclaré cette dernière sur la chaîne Fox News, qui est l’un des premiers médias à avoir accusé l’Institut de Virologie du Wuhan d’avoir manquer de professionnalisme et permit au coronavirus de se répandre. Pour l’experte, ce manque de transparence « a contribué à propager le virus à travers le monde ».

Donald Trump s’en prend très souvent à la Chine depuis le début de la pandémie, qui a un impact significatif sur l’économie américaine, dont la vigueur devait être l’un des principaux arguments de sa campagne de réélection. Ainsi dès fin janvier, le président américain avait annoncé l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis des voyageurs étrangers en provenance de Chine. Il a aussi provoqué la colère de Beijing en scandant haut et fort l’expression « virus chinois » pour désigner le nouveau coronavirus.

Mike Pompeo avait également accusé le gouvernement chinois de semer des « rumeurs abracadabrantes » sur le fait que l’armée américaine ait pu introduire le virus dans son pays. Cette première guerre des mots avait conduit en mars 2020 à l’expulsion de journalistes américains en Chine, et à la réduction du nombre de Chinois autorisés à travailler pour des médias de Beijing aux Etats-Unis.

Donald Trump accuse régulièrement la Chine de mentir sur son bilan humain, et a également récemment évoqué la possibilité de lui demander de payer des milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l’épidémie.