jeudi, mai 23

Le Turkménistan a remboursé sa dette à la Chine pour un gazoduc

Le président turkmène, Gourbangouly Berdymoukhamedov, a annoncé que le Turkménistan avait « entièrement » remboursé sa dette de plusieurs milliards de dollars à la Chine pour la construction d’un gazoduc.

Les présidents turkmène, Gourbangouly Berdymoukhamedov et chinois, Xi Jinping

La Chine a investi des milliards d’euros dans le développement de l’industrie du gaz au Turkménistan, pays retiré d’Asie centrale, s’imposant comme la destination principale des exportations turkmènes.

Les principaux projets de la Chine dans cette ex-république soviétique riche en hydrocarbures comprennent le gazoduc qui relie l’est du Turkménistan à la Chine en passant par l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, et le développement du gisement de Galkynych, second plus grand champ de gaz au monde.

Gourbangouly Berdymoukhamedov a affirmé que le Turkménistan avait remboursé « à l’heure et entièrement » à la Chine les prêts octroyés pour la construction du gazoduc et le premier stade du développement du gisement de Galkynych, selon le journal d’Etat Neutralny Turkmenistan.

De son coté, le vice-Premier ministre turkmène, en charge des hydrocarbures, Chakhym Abdourakhmanov, a souligné avoir reçu une confirmation de la Banque de Développement de Chine le 8 juin, selon la même source. Aucune information venant ni du président turkmène, ni du vice-Premier ministère n’a filtré sur le montant remboursé.

Lors d’une visite au Turkménistan en 2011, Jiang Chaoliang, président de la Banque de Développement de Chine de l’époque, avait déclaré que son établissement avait octroyé un prêt de 8,1 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros) au gouvernement turkmène pour le développement des projets gaziers.

Inauguré en 2009, le gazoduc reliant l’Asie centrale à la Chine a actuellement trois branches. Et une quatrième branche, appelée la « Ligne D », passant par le Kirghizstan et le Tadjikistan, est encore en construction.

Les exportations de gaz turkmène vers la Chine dépassent en général 30 milliards de mètres cubes par an, soit des volumes six fois supérieurs à ceux fournis à la Russie, le deuxième plus grand importateur des hydrocarbures turkmènes.

Le Turkménistan est très dépendant des exportations de gaz naturel et a subi le choc de la baisse des cours en 2014. D’ailleurs, les hydrocarbures représentent plus de 90% des exportations turkmènes.

Bien que les médias se félicitent régulièrement de la croissance économique du pays, le président turkmène, Gourbangouly Berdymoukhamedov avait appelé en mars les créanciers étrangers à lui donner plus de temps pour payer sa dette extérieure, signe de difficultés économiques.

Ministre des affaires étrangères, Wang Yi

De son côté, le conseiller d’État chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré que la Chine était prête à travailler avec le Turkménistan afin de planifier l’avenir des relations bilatérales et de mettre en œuvre le consensus atteint par Gourbangouly Berdymoukhamedov et Xi Jinping, lors d’une conversation téléphonique, et de pousser conjointement les relations Chine-Turkménistan à un nouveau palier.

Wang Yi a fait ces remarques au cours de sa conversation téléphonique avec le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Turkménistan, Rachid Meredov.

Le ministre chinois a indiqué que la Chine et le Turkménistan «sont parvenues à un consensus important, qui donnera une forte impulsion au développement des relations bilatérales».

De son côté, Rachid Meredov a indiqué à son homologue chinois que le Turkménistan travaillera avec la Chine pour «appliquer sérieusement le consensus entre les deux chefs d’Etat, déploiera tous les efforts possibles pour faire avancer les relations Turkménistan-Chine et élargir la coopération dans divers domaines».

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