La Chine est le premier pays à se poser avec succès sur la face cachée de la Lune, elle pourrait également être le premier à en ramener des échantillons au cours des opérations qui se feront dans le cadre de la mission Chang’e 6 à laquelle participera la France.

L’administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a récemment défini les principaux efforts spatiaux de la Chine pour la période 2021-2025. Dans le cadre de l’exploration lunaire à venir, la Chine concentrera en partie ses efforts sur la mission de retour d’échantillons Chang’e-6.

Sonde Chang’e5 sur la Lune

Dans le cadre de sa mission Chang’e 5, la Chine a ramené les premiers échantillons lunaires en quarante ans. Environ 17 grammes d’échantillons lunaires ont été donné à treize institutions ayant déposé une demande pour des programmes de recherche auprès du Centre de l’exploration lunaire et du programme spatial de l’Administration nationale de l’espace de Chine.

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Lors d’une cérémonie pour marquer la livraison, le 12 juillet, Liu Jizhong, directeur du centre, a indiqué qu’il s’agissait du premier lot d’échantillons lunaires livrés à des institutions de recherche. D’autres échantillons deviendront disponibles et seront livrés à l’avenir comme prévu.

Il a exprimé l’espoir de voir un nombre croissant d’institutions de recherche prendre part à l’étude des échantillons lunaires à l’avenir.

La sonde Chang’e-5, composée d’un orbiteur, d’un atterrisseur, d’un véhicule de remontée et d’une capsule de retour, a été lancée le 24 novembre 2020. La capsule de retour de la sonde s’est posée le 17 décembre dans la région autonome de Mongolie intérieure, dans le nord de la Chine, ramenant environ 1.731 grammes d’échantillons prélevés sur la Lune.

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Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune

En cours de développement, la mission Chang’e 6 devrait pouvoir être lancée en 2024, elle sera composée d’un orbiteur, d’un atterrisseur d’un véhicule d’ascension lunaire et d’une capsule de rentrée.

La mission ciblera le bassin Pôle Sud-Aitken (SPA), ancien cratère d’impact colossal, d’environ 2 500 km de diamètre. Ce bassin couvre près d’un quart de la face cachée de la Lune. En analysant les échantillons de ce côté de la Lune, la Chine espère obtenir des indices essentiels sur l’histoire de notre satellite et du Système solaire.

La face cachée de la Lune ne fait jamais face à la Terre à cause du verrouillage des marées, Chang’e 6 aura donc besoin de l’aide d’un satellite relais pour communiquer avec les équipes sur la Terre.

Le satellite Queqiao avait assuré ce rôle pour la mission Chang’e 4 et pourrait de nouveau assister Chang’e 6.

L’administration spatiale nationale chinoise n’a pas révélé le site d’atterrissage précis, mais en cas de succès, il s’agira de la seconde incursion de la Chine sur la face cachée de la Lune, après l’atterrissage réussi en 2019 de la mission Chang’e 4 et de son rover Yutu 2. Les deux engins sont encore actifs et explorent le cratère Von Kármán, situé dans le même bassin.

La mission Chang’e 6 emportera aussi des charges utiles construits par des partenaires internationaux. La France fournira un instrument de détection nommé DORN (Detection of Outgassing RadoN). Construit par l’IRAP de Toulouse, il s’agit d’un spectromètre alpha optimisé pour la détection du radon (un gaz rare radioactif). Avec cet engin, les chercheurs pourront mieux comprendre les transports de gaz dans l’environnement de notre satellite.

De son côté, l’Institut national italien de physique nucléaire (INFN) fournira un rétro-réflecteur laser, qui sera utilisé pour renvoyer la lumière à sa source, permettant ainsi aux scientifiques de mesurer précisément la distance séparant la Lune de la Terre.

Enfin, un instrument développé conjointement par la Chine et la Russie étudiera la présence potentielle de glace d’eau de surface, et un instrument suédois se concentrera sur la détection des ions négatifs.