D’après l’agence de presse britannique, Reuters, plusieurs banques et courtiers chinois sont dans le rouge à cause de prêts accordés à des entreprises dont les actions en garantie sont fortement dépréciées.

Banques et créanciers sont pris dans l’effondrement lent du système dit du «pledge share financing» suivant lequel les principaux actionnaires d’une entreprise fournissent des actions en garantie des prêts accordés à cette dernière.

Cette pratique s’est répandue rapidement en 2017, lorsque le gouvernement a lancé une offensive contre le «shadow banking» (finance de l’ombre) mais aujourd’hui les cours de certaines actions chutent.

Cette situation présage une catastrophe pour les créanciers, qui ne seront pas remboursés. En effet, ces actions sont présentées en garantie, essentiellement par des PME, pour des prêts.

Le montant global de ces prêts a atteint de 620 milliards de dollars (547 milliards d’euros) environ, soit 10% de la capitalisation boursière totale en Chine. Or les PME peinent actuellement face au ralentissement économique et à la guerre commerciale entre Beijing et Washington.

Les grands indices boursiers ont perdu 20% depuis le début de l’année, les autorités chinoises ont incité les courtiers à ne pas vendre les actions détenues en garantie, alors que les sociétés cotées en bourse ont été priées de ne pas suspendre les transactions sur leurs propres titres.

Même si les autorités poussent les collectivités locales, les courtiers, les assureurs et les fonds d’investissement à injecter du cash dans les sociétés cotées, les pertes sont trop grande et s’accumulent.

Interrogé par Reuters, Yuan Yuwei (Water Wisdom Asset Management), a expliqué que les pressions exercées par le gouvernement s’arrangent pas la situation : «si on veut éteindre un incendie, il faut séparer du reste ce qui est déjà en flammes. Si le risque se répand un peu plus dans le système financier, une simple allumette peut faire l’effet d’une bombe atomique».

En effet, le gouvernement incite les institutions financières à ne pas demander à se faire rembourser, et à tolérer plus de risque quand leurs emprunteurs privés connaissent des difficultés. De leur côté, les banques ne communiquent pas sur le montant de leurs provisions liées au financement par actions des prêts des entreprises.

Courtiers, assureurs et collectivités locales s’alignent sur la politique du gouvernement, mais ils ont dû engager plus de 500 milliards de yuans (63 milliards d’euros) dans des «fonds d’allègement», qui rachètent les actions des sociétés faisant l’objet d’appels de marges.