A la suite d’un rapport publié le 1er juin par le ministère de l’écologie et de l’environnement, les autorités ont décidé de mettre en œuvre une réglementation plus stricte sur les émissions de véhicules afin de réduire la pollution de l’air.

Pour cela,  le ministère va étendre la supervision sur la qualité des produits diesel et des moteurs diesel et augmenter l’utilisation du transport ferroviaire dans les services de fret pour réduire la pollution de l’air.

Fin septembre 2017, le gouvernement souhaitait interdire la production et de la vente de véhicules essence et diesel au profit de la voiture électrique. Le ministère de l’industrie et des technologies de l’information (MIIT) avait alors «entamé des recherches» sur le sujet.

Il était également annoncé la mise en place d’un calendrier en lien avec les administrations concernées, d’après le vice-ministre de l’Industrie Xin Guobin,  quelques semaines avant le 19ème congrès quinquennal du PCC en octobre 2017.

Smog à Beijing fin d’année 2016

Plus de 28 millions de véhicules, dont 24,38 millions de voitures individuelles, ont été vendus l’an dernier en Chine, en hausse de 14%. Sur ce total, les voitures propres représentent encore une goutte d’eau (1,7%), mais le créneau est attractif. Les ventes de véhicules «à énergie nouvelle» ont ainsi bondi de 53% en 2016, à 507.000 unités, grâce à des primes gouvernementales et à des facilités d’immatriculation.

D’après le rapport de juin 2018, les émissions des camions diesel, représentant 7,8% des véhicules automobiles, sont responsables de 57,3% des oxydes d’azote et 77,8% des particules présents dans l’air dans le pays. Ces peux polluants sont les plus importants et les plus nocifs. Le document souligne que les véhicules automobiles ont émergé comme une source majeure de la pollution de l’air de la Chine.

En 2017, la Chine était le plus grand producteur et acheteur de véhicules au monde pour la neuvième année consécutive, avec 310 millions de véhicules automobiles sur ses routes à la fin de l’année dernière, en hausse de 5,1% par rapport à l’année précédente. Selon le rapport, ces véhicules ont émis environ 43,59 millions de tonnes de polluants, en baisse de 2,5% d’une année sur l’autre.

Pour Yin Hang, directeur du département de recherche en politiques du Centre de contrôle des émissions de véhicules du ministère, a indiqué que «la Chine a retiré de la circulation plus de 20 millions de véhicules diesel désuets au cours des cinq dernières années».

«Le pays devrait superviser davantage la production, l’utilisation et l’élimination des véhicules automobiles afin de réduire la pollution atmosphérique», a-t-il déclaré lors d’un récent forum sur le contrôle de la pollution de l’air.

Selon le ministère, une analyse des polluants atmosphériques dans 15 grandes villes a montré que les émetteurs mobiles locaux ont contribué pour environ 13,5% à 41% des particules fines.

Liu Bingjiang, responsable de la gestion de la qualité de l’air au ministère, a expliqué à l’agence de presse Xinhua que «cibler les émissions de gaz d’échappement des véhicules est un traitement précis du temps brumeux de Beijing, car les études ont montré qu’elles sont la principale source des principaux polluants atmosphériques de la ville».