La Chine a réagit le 17 août aux dernières sanctions américaines contre le géant des télécoms Huawei en accusant les États-Unis «d’abus de pouvoir».

Lire aussi : Washington durcit ses sanctions contre Huawei

Lors d’une conférence de presse hebdomadaire, Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a démenti toute faille de sécurité dans ses équipements, alors que les États-Unis lui reprochent d’espionner ses clients et font pression sur leurs alliés pour que Huawei soit exclu des réseaux 5G.

Ces contraintes ne l’ont pas empêché de devenir au deuxième trimestre le premier vendeur mondial de smartphones, détrônant le sud-coréen Samsung avec quelque 55,8 millions d’appareils écoulés.

Le 15 août, la Chine a appelé la communauté internationale à rejeter « l’ingérence hégémonique des Etats-Unis dans la coopération sur la 5G entre les autres pays et à maintenir un environnement commercial équitable, juste, ouvert et non discriminatoire ».

Cette déclaration intervient après la signature entre le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et le ministre slovène des Affaires étrangères d’une déclaration conjointe sur la sécurité de la 5G.

Lire aussi : La Slovénie se lance contre Huawei

« Il est absurde que Mike Pompeo, secrétaire d’Etat d’un pays entaché d’accusation de cybervol, ait l’audace de proposer la construction d’un soi-disant réseau propre », a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Maintenant que le soi-disant ‘réseau propre’ semble être la formule préférée de Mike Pompeo, peut-être devrait-il nous expliquer pourquoi l’ombre des Etats-Unis plane sur les activités de cyberespionnage, de PRISM à Equation Group en passant par ECHELON. Pourquoi les autorités des services de renseignement américains surveillent-elles, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les téléphones portables et les ordinateurs dans le monde entier, écoutant même les dirigeants des alliés des Etats-Unis depuis plus d’une décennie? C’est apparemment le modus operandi d’un pays de hackers« , a posé Zhao Lijian.

La revendication américaine de « protéger la vie privée et les libertés individuelles des citoyens » n’est rien d’autre qu’un prétexte, Zhao Lijian, ajoutant qu’en s’ingérant dans le déploiement du réseau 5G d’autres pays et « en contraignant ouvertement leurs alliés à exclure Huawei, certains politiciens américains n’ont aucun scrupule à recourir au pouvoir de l’Etat tant que celui-ci peut empêcher les entreprises chinoises d’obtenir un avantage dans la 5G ».

« Je crains que ce qu’ils ont en tête ne soit pas un ‘réseau propre’, mais un ‘réseau américain’, pas un ‘réseau 5G sécurisé’, mais un ‘réseau américain de surveillance’, pas la protection de la « vie privée et des libertés » des individus, mais la consolidation de ‘l’hégémonie numérique' », a déploré le porte-parole de la diplomatie chinoise.

Pour ce dernier, le développement du réseau 5G doit suivre « le concept de consultation internationale, de contribution commune et d’avantages partagés, et la politisation des questions pertinentes et la création de cliques ne sont pas favorables au progrès du réseau 5G ».