Les États-Unis veulent réduire la dépendance à la Chine pour les terres rares
Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a exhorté les pays du Groupe des Sept (G7) et d’autres partenaires à intensifier leurs efforts pour réduire leur dépendance aux minéraux critiques en provenance de Chine.
Ce dernier a accueilli le 10 janvier une douzaine de hauts responsables financiers, a indiqué un haut responsable américain. Globalement, le G7 représente 60% de la demande mondiale de minéraux critiques.
La rencontre a débuté dans la soirée du 9 janvier rassemblera des ministres des Finances ou membres de cabinets des économies avancées du G7, de l’Union européenne, de l’Australie, de l’Inde, de la Corée du Sud et du Mexique, a précisé à Reuters ce responsable non autorisé à s’exprimer publiquement.
« L’urgence est le maître-mot. Il s’agit d’une entreprise de grande ampleur, impliquant de nombreux pays et de multiples aspects, et nous devons vraiment avancer plus vite », a déclaré le responsable.
Le 7 janvier, Scott Bessent a indiqué à l’agence de presse Reuters qu’il réclamait une réunion spécifique sur ce sujet depuis le sommet des dirigeants du G7 au Canada en juin, où il avait présenté un exposé sur les terres rares aux chefs d’État des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon, du Canada, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Union européenne.
Les dirigeants avaient adopté un plan d’action pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et dynamiser leurs économies, mais Scott Bessent s’est montré frustré par le manque d’empressement manifesté par les participants, selon le responsable.
Hormis le Japon, qui avait réagi après la coupure brutale par la Chine de ses approvisionnements en minéraux critiques en 2010, les membres du G7 restent fortement dépendants des minéraux critiques chinois. De son côté, la Chine menace d’imposer des contrôles stricts à l’exportation.
La Chine domine la chaîne d’approvisionnement mondiale des minéraux critiques, raffinant entre 47% et 87% du cuivre, du lithium, du cobalt, du graphite et des terres rares, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Ces minéraux sont essentiels pour les technologies de défense, les semi-conducteurs, les énergies renouvelables, les batteries et les procédés de raffinage.
Les Etats-Unis veulent pousser contre la Chine
« Les États-Unis jouent un rôle de rassembleur, font preuve de leadership et partagent leur vision pour l’avenir », a expliqué le responsable. « Nous sommes prêts à avancer avec ceux qui ressentent la même urgence… les autres pourront nous rejoindre lorsqu’ils prendront la mesure de la gravité de la situation ».
Le responsable n’a pas dévoilé les prochaines étapes prévues par l’administration Trump, qui veut renforcer la production nationale et réduire la dépendance à la Chine via des accords avec l’Australie, l’Ukraine et d’autres producteurs.
En octobre, les États-Unis ont signé un accord avec l’Australie visant à contrer la domination chinoise dans les minéraux critiques, comprenant un pipeline de projets de 8,5 milliards de dollars. Cet accord s’appuie sur la réserve stratégique proposée par l’Australie, qui fournira des métaux comme les terres rares et le lithium, vulnérables aux perturbations.
Le responsable a reconnu des avancées, tout en soulignant que le dossier n’était pas résolu. « Ce n’est pas encore réglé », a-t-il ajouté. L’Australie a dit avoir reçu depuis l’intérêt de l’Europe, du Japon, de la Corée du Sud et de Singapour.
La réunion du 10 janvier intervient après des informations selon lesquelles la Chine aurait commencé à restreindre les exportations de terres rares et d’aimants puissants vers des entreprises japonaises, ainsi qu’à interdire l’exportation d’articles à double usage à destination de l’armée japonaise.
Les responsables américains ont précisé que la réunion était prévue bien avant ces mesures. La Chine respectait toujours ses engagements d’achat de soja américain et d’exportation de minéraux critiques vers les entreprises américaines.


