L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que la menace d’une pandémie de COVID-19 est devenue «très réelle» car le nombre des cas d’infection dépasse 110 000 dans plus d’une centaine de pays et régions.

Cependant, des experts chinois et des représentants de l’OMS ont averti que les pays ne devraient pas attendre l’annonce d’une pandémie pour agir et réduire les possibilités de la contenir.

Le porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, a déclaré le 10 mars au journal Global Times qu’il n’est pas possible d’anticiper la propagation du nouveau coronavirus car il s’agit d’un virus d’un type nouveau et qu’il existe plusieurs inconnues, notamment sa gravité et sa transmission. Il a précisé que le coronavirus représente « une urgence de santé publique en évolution » et que l’OMS s’attend à ce que davantage de cas soient signalés dans d’autres pays.

« A l’heure actuelle, les risques d’infection et d’épidémie varient encore largement d’un pays à l’autre », a indiqué Zhou Zijun, professeur à l’Université de Beijing, au Global Times. D’ailleurs, lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que «de tous les cas signalés à ce jour dans le monde, 93 % proviennent de quatre pays».

« Différents pays sont dans des scénarios différents, nécessitant une réponse personnalisée pour chacun, a précisé Zhou Zijun, qui a indiqué que la catégorisation en pandémie est proche et que davantage de pays devraient prendre des mesures avant que la transmission en leur sein ne se produise.

Tarik Jasarevic a affirmé que l’épidémie peut être repoussée, mais uniquement en adoptant une approche collective, coordonnée et globale qui engage l’ensemble de la gouvernance. «Nous appelons chaque pays à agir avec rapidité, avec ampleur et avec détermination et lucidité», a indiqué ce dernier.

La dernière pandémie annoncée date de 2009 avec le nouveau virus de la grippe A (H1N1) pdm09, provenant des Etats-Unis et infectant entre 700 mille et 1,4 milliard de personnes dans le monde, soit une personne sur six.

Or selon l’OMS, les pandémies toucheront une grande partie de la population mondiale et exerceront une pression considérable sur les systèmes de santé. Une pandémie modérée ou grave aura un impact conséquent sur les services essentiels ainsi que le développement économique et social du pays.

Il est difficile de prévoir ce qui se passera si la flambée actuelle de COVID-19 est qualifiée de pandémie, a souligné Zhou Zijun, précisant que « si la maladie devait se propager de manière incontrôlée à l’échelle mondiale, avoir un impact sur la santé et entraîner des pertes économiques, une telle annonce n’aurait plus vraiment d’importance. Davantage de pays devraient donc se préparer avant qu’il ne soit trop tard ».