Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la Chine pour l’année 2022, et 2023, en raison d’une crise dans l’immobilier et des restrictions sanitaires dues au Covid-19 qui pèsent sur l’activité.

En 2022, la deuxième économie mondiale devrait voir son produit intérieur brut (PIB) progresser de 3,2% seulement après 8,1% en 2021, selon les prévisions économiques mondiales du Fonds monétaire international.

Il s’agirait pour la Chine de sa croissance la plus basse depuis plus de 40 ans, (hors période de Covid) et d’un rythme inférieur à la précédente prévision du FMI en juillet (3,3%). Ce chiffre est en-dessous de l’objectif « d’environ 5,5% » fixé pour cette année par Pékin.

Selon le FMI, la Chine devrait ensuite voir son PIB progresser de 4,4% en 2023, en baisse de 0,2 point par rapport aux précédentes estimations de juillet.

Sur le plan sanitaire, la Chine continue à suivre sa politique « zéro Covid » en dépit d’un nombre de contaminations très inférieur au reste du monde.

Cette politique se traduit par des confinements dès l’apparition de cas positifs; des tests PCR quasi obligatoires plusieurs fois par semaine; voire des placements en quarantaine. De plus, des fermetures inopinées d’usines et d’entreprises sont également prises.

Ainsi, « la croissance en Chine s’est considérablement affaiblie depuis début 2022 », notamment depuis le confinement de la capitale économique Shanghai durant deux mois au printemps, a noté le FMI.

Parallèlement, la Chine traverse une crise sans précédent dans l’immobilier, « historiquement un moteur de la croissance » en Chine, a souligné le Fonds. Ce secteur représente avec la construction plus du quart du PIB du pays. Il est à la traîne depuis l’adoption de mesures en 2020 pour réduire l’endettement.

Après des années de hausses vertigineuses, les ventes immobilières sont en repli dans de nombreuses villes. Plusieurs promoteurs immobiliers luttent pour rester dans le marché, fragilisant tout le secteur de la construction et ses milliers d’entreprises.

D’ailleurs, de plus en plus de propriétaires refusent d’honorer leurs mensualités, furieux de voir suspendue la construction de leur logement. Cette situation pourrait aggraver la crise et les défauts de paiement.

« Une aggravation de la crise immobilière risque d’avoir des conséquences sur le secteur bancaire, ce qui pèsera sur la croissance du pays », a prévenu le FMI n’excluant pas des répercussions également à l’international.

Ce contexte fragilise un peu plus la consommation, déjà atone en raison des nombreuses restrictions anti-Covid, a estimé l’institution de Washington.