L’artiste Liu Bolin est attendu pour sa cinquième exposition personnelle «Hiding on the 38th Parallel North» qui marque un retour à des revendications plus politiques, du 7 septembre au 26 octobre à la Galerie Paris-Beijing

Né en 1973 dans la province de Shandong, à l’est de la Chine, Liu Bolon a étudié à l’Académie des Beaux-Arts du Shandong avant d’obtenir son diplôme aux Beaux-Arts de Beijing en 2001. Il vit et travaille dans la capitale chinoise.

Extrait communiqué de presse pour le Vernissage du 7 septembre à la
Galerie Paris-Beijing

En Juin 2018, Liu Bolin se rend pour la première fois en Corée du Nord, dans le but de réaliser une série de 7 performances sur le thème des libertés individuelles.

Dernier régime ouvertement totalitaire de l’histoire, la Corée du Nord est un monde à part. Liu Bolin est témoin de l’abnégation d’un peuple qui vit dans le culte de la personnalité de la dynastie Kim, enfermé dans une économie centralisée fondée sur l’idéologie du ‘juche’ : l’autosuffisance militaire, économique et politique. Les nord-coréens ne bénéficient que de minimes aides humanitaires internationales et les rares produits étrangers proviennent de Chine, son principal partenaire commercial.

Pour Liu Bolin, fils de la Révolution Culturelle ayant connu la censure, ce voyage revient à la genèse de ses premiers travaux. Les clichées inédits de «Hiding in Pyongyang» font écho à ses célèbres performances du début des années 2000 où l’artiste disparaît devant des affiches et slogans de propagande communiste. La langue est différente mais le message reste inchangé, le parti du Travail fait un éloge de l’armée, d’une classe ouvrière épanouie, du dévouement à l’État.

En Corée du nord, il assiste encore une fois à la disparition de l’individu dans l’ambition de la pensée collective.

En se dissimulant devant les omniprésentes images d’endoctrinement du régime nord-coréen, dans un système hyper structuré qui ne laisse pas de place
à l’imprévu, Liu Bolin met à nouveau en action sa protestation silencieuse.

Accompagné de son guide, il visite des écoles, des usines, il assiste à des parades : la population donne l’impression de mener une vie calme et heureuse. Liu Bolin joue le jeu du département de propagande tout en dénonçant ce théâtre absurde et factice créé de toute pièce pour le reste du monde.

La performance devant les rayons d’un supermarché fictif rempli de produits alimentaires et de jouets est un parfait exemple de ces paradoxes. L’état met en
scène un décor de magasin destiné à la visite des étrangers, comme un symbole de l’opulence de ce pays. A Pyongyang, rappelons que les seules photos autorisées sont celles que le régime considère comme «valorisantes».

«38th Parallel», une vidéo-reportage de son expérience, sera également présentée au sein de l’exposition. Le titre fait référence au 38ème parallèle de l’hémisphère nord, délimitation imposée à la fin de la guerre du Japon en 1945 qui sera le point de départ de la dyade coréenne. Aujourd’hui, c’est autour de cette frontière autant physique que symbolique que réside l’espoir d’un changement.

L’exposition sera aussi l’occasion de découvrir les derniers travaux en dessin et en sculpture de Liu Bolin, et de prendre part à la réalisation d’une performance live lors du vernissage.