Dans un communiqué, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a annoncé le retrait de sa signature d’une déclaration conjointe initiée par certains pays occidentaux sur la situation des droits de l’homme dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

La Mission permanente de l’Ukraine auprès de l’Office des Nations unies à Genève a dit être attaché à son partenariat stratégique avec la Chine, et assuré le retrait de sa signature de la déclaration conjointe sur la situation des droits de l’homme au Xinjiang adoptée le 22 juin lors de la 47e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Lors de cette session Leslie E. Norton, ambassadrice et représentante permanente du Canada auprès des Nations Unies à Genève, a présenté le 22 juin 2021 une déclaration commune au nom de 44 pays :

Nous sommes gravement préoccupés par la situation des droits de la personne dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Des rapports crédibles indiquent que plus d’un million de personnes ont été arbitrairement détenues dans le Xinjiang et qu’il existe une surveillance généralisée ciblant de manière disproportionnée les Ouïghours et les membres d’autres minorités, ainsi que des restrictions aux libertés fondamentales et à la culture ouïgoure. Il existe également des rapports faisant état de torture ou de peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, de stérilisation forcée, de violence sexuelle et fondée sur le genre et de séparation forcée des enfants de leurs parents par les autorités.

Nous partageons également les préoccupations exprimées par les représentants des procédures spéciales des Nations Unies dans leur déclaration du 29 mars sur les allégations de détention, de travail forcé et de transferts d’Ouïghours et de membres d’autres minorités musulmanes, ainsi que dans une lettre publiée par des experts des Nations Unies décrivant la répression collective des minorités religieuses et ethniques.

Nous demandons instamment à la Chine d’autoriser un accès immédiat, significatif et sans entrave au Xinjiang pour les observateurs indépendants, y compris la Haute-Commissaire, et de mettre en œuvre de toute urgence les 8 recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale relatives au Xinjiang, notamment en mettant fin à la détention arbitraire des Ouïghours et des membres d’autres minorités musulmanes.

Enfin, nous continuons d’être profondément préoccupés par la détérioration des libertés fondamentales à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale, et par la situation des droits de la personne au Tibet. Nous appelons les autorités chinoises à respecter leurs obligations en matière de droits de la personne.

La République populaire de Chine a réfuté les griefs formulés et diffusé une déclaration commune soutenue par 65 pays.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a réitéré sa non-ingérence dans les affaires intérieures de la Chine, affirmant qu’il était prêt à continuer d’adhérer au principe du respect mutuel de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, et à faire des efforts pour promouvoir les relations des deux pays afin de continuer à aller de l’avant.

De son côté, la Chine a salué samedi la décision de la partie ukrainienne de retirer son soutien à une déclaration conjointe anti-Chine lors de la 47e session du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies.

Le porte-parole de la mission chinoise à l’ONU a déclaré que, lors de la session du CDH des Nations unies, plus de 90 pays ont exprimé leur appel à la justice, soutenu et fait écho à la Chine de diverses façons. «La tentative de quelques pays occidentaux de salir la Chine sur les questions liées au Xinjiang, à Hong Kong et au Tibet s’est de nouveau soldée par un échec», a indiqué ce dernier.

« Cela a pleinement démontré que la justice prévaudra toujours et que les gens ont leur juste jugement », a indiqué le porte-parole, ajoutant que « les mesures de quelques pays occidentaux de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, de supprimer et de contenir la Chine ainsi que d’entraver le développement de la Chine sous le prétexte des droits de l’homme sont sans effet ».

Il a souligné que le ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine a fait «une déclaration claire qu’il ne s’immisçait pas dans les affaires intérieures de la Chine». « La Chine salue la décision de la partie ukrainienne qui reflète son esprit d’indépendance et de respect des faits et qui est conforme aux objectifs de la Charte des Nations unies et aux normes de base régissant les relations internationales », a déclaré le porte-parole.