Sun Wenlin, 26 ans, a saisi la justice, le 16 décembre, pour se voir reconnaître le droit au mariage. Le tribunal de Changsha, capitale de la province du Hunan a jugé sa plainte recevable, le 5 janvier.

Une première dans le pays, mais surtout une avancée, après la plainte déposée contre la Ministère de l’éducation pour que les manuels cessent de définir l’homosexualité comme « trouble psychologique« . Ou encore avec la très médiatique demande en mariage d’un couple homosexuel dans le métro.

La décision du tribunal a été saluée par les militants des droits des homosexuels et est considéré comme « un test majeur pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Chine« , selon l’avocat de Sun Wenlin, Shi Fu Long.

D’après le site Blued, la Chine compte 13 millions d’hommes homosexuels. Aujourd’hui, l’homosexualité est légal, mais le mariage entre personne du même sexe reste illégal. De plus, les LGBTI n’ont aucune protection juridique, ni droits.

Raison pour laquelle, Sun Wenlin a déposé plainte contre le bureau des affaires civiles du district du Furong, à Changsha, pour avoir refusé d’enregistrer sa demande de mariage.

Optimiste, Sun Wenli a expliqué au siteVoice of America qu’il pensait « que d’un point de vue juridique, nous devrions réussir. Notre loi sur le mariage parle de liberté de se marier et d’égalité des genres. Ces termes peuvent s’appliquer à un mariage homosexuel ».

Le jeune homme fait valoir que le droit au mariage fait référence à l’union d’un « mari » et d’une « femme », mais il n’est pas préciser le sexe de l’une des parties lors du mariage. Le tribunal devrait rendre une décision sur le cas dans les six mois à venir.

L’avocat  Shi Fu Long a de son côté expliqué sur Radio Free Asia que « la libéralisation progressive du mariage gay dans les pays occidentaux, dont les États-Unis, a ouvert la voie à l’évolution des mentalités en Chine« .

Pour les militants de la cause homosexuelle, la plainte de Sun pourrait être un tournant. Maya Wang, spécialiste de la Chine au sein de l’organisation Human Rights Watch, a expliqué qu’en Chine « les tribunaux rejettent souvent les dossiers politiquement sensibles ».

« Par conséquent, le fait que cette plainte ait été acceptée atteste d’une certaine volonté officielle de prendre en compte la discrimination dont sont victimes les LGBT, ce qui est en soi encourageant« , a expliqué cette dernière. Cependant, « nous devrons voir si ils vont  réellement gagner cette affaire. Si ils y arrivent, ce serait vraiment un moment charnière pour les droits des LGBT en Chine« , a souligné Maya Wang.

Pour A. Qiang, basé à Guangzhou, dirige un groupe de soutien pour les parents et amis des personnes LGBT, « il y a encore un long chemin à parcourir pour les droits LGBT en Chine, mais la bonne chose est qu’il y a eu des changements énormes dans le monde au cours des décennies passées, la tendance générale est à la légalisation du mariage gay ».