Le 13 janvier, les médias ont annoncé la détention d’un citoyen suédois : Peter Dahlin. Ce dernier a été soumis à l’application du droit pénal, en raison de soupçons de mise en danger de la sécurité nationale chinoise, a annoncé Hong Lei, porte-parole du ministère des affaires étrangères.

Peter Dahlin détenu depuis le début de l’année 2016

Peter Dahlin, militant suédois arrêté. Photo de son ONG

Le militant a été interpellé le 4 janvier, alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol pour la Thaïlande, à l’aéroport de Beijing, selon un communiqué envoyé à l’AFP par le Chinese Urgent Action Working Group. Peter Dahlin travaillait dans cette organisation non gouvernementale de défense des droits de l’Homme en Chine. Sa compagne chinoise serait également injoignable, selon l’organisation.

Selon l’ONG, « Peter est détenu arbitrairement sur des accusations fallacieuses ». De plus, « les autorités auraient empêché des diplomates suédois de rentrer en contact avec M. Dahlin », ajoutant que « le Suédois, malade, nécessite des soins journaliers ».

Ce dernier souffre de la maladie d’Addison, déficience rare de la glande surrénale, potentiellement mortelle si elle n’est pas traitée convenablement de façon quotidienne, précise le communiqué du Chinese Urgent Action Working Group.

Plusieurs demandes ont été faite par l’ambassade de Suède pour contacter Peter Dhalin, « les autorités chinoises ont refusé tout contact direct » avec ce dernier et « n’ont fourni à l’ambassade aucun message de Peter ».

L’ambassade de Suède à Beijing a également écrit dans un courriel qu’elle avait demandé à rencontrer le citoyen arrêté, précisant dans un précédent e-mail que celui-ci a environ 35 ans. Hong Lei a pour sa part précisé que « la Chine va faciliter la réalisation par les autorités consulaires suédoises de leur mission ».

Accusé de « fabriqué et inventé » de fausses informations

Rebondissement, ce 20 janvier, le gouvernement  accuse Peter Dahlin, de diriger sur le sol chinois un  groupe de défense des Droits de l’homme qui a « fabriqué et inventé » des informations et entraîné d’autres groupes à intervenir sur des dossiers sensibles, selon Reuters.

Militant de 35 ans, cofondateur du Chinese Urgent Action Working Group, les autorités le soupçonne de menacer à la sécurité de l’Etat. L’ONG travaille avec des avocats chinois spécialisés dans  les droits de l’homme et a pour mission de soutenir les défenseurs des droits de l’Homme en détresse, notamment dans des cas d’agressions physiques et de démolitions forcées d’habitations.

L’ambassade de Suède dit continuer à s’occuper « intensivement » de ce dossier, précisant que des diplomates avaient rendu visite à Peter Dahlin, le 16 janvier. Gabriella Augustsson, responsable de la diplomatie publique à l’ambassade a assuré dans un email, lu par Reuters, que Peter Dahlin « se porte bien compte tenu des circonstances ».

Selon un communiqué de la police chinoise et des autorités de la sécurité d’Etat, « le Suédois, identifié étant comme Peter Jesper Dahlin, ainsi qu’une autre personne ont piloté une organisation non enregistrée, dans la partie continentale de la Chine, dénommée groupe d’aides aux droits d’urgence. Cet ensemble a reçu de grandes sommes d’argent venant de sept organisations étrangères et mené des activités non réglementées ».

Selon le China Internet Information Center, « l’organisation a recruté et formé d’autres individus, qui ont été désignés comme ‘avocats’ et pétitionnaires, pour recueillir, déformer, exagérer et même fabriquer des informations négatives concernant la Chine, fournissant le soi-disant ‘rapport des droits de l’homme de la Chine’ à des organisations extérieures ».

Les médias officiels ont indiqué que le Chinese Urgent Action Working Group « a intentionnellement aggravé des différends, incité certaines personnes à défier le gouvernement et créer des incidents de masse ».  

Pour Michael Caster, porte-parole de Chinese Urgent Action Working Group, « il est absurde d’affirmer que Peter était engagé dans des actions malveillantes pour attaquer ou discréditer la Chine ».  « Prétendre que Peter était ‘implanté’ en Chine par des forces étrangères participe de cette tendance des autorités chinoises à imputer à des ‘forces étrangères hostiles’ des problèmes domestiques », a-t-il ajouté.

Des aveux télévisés

Peter Dahlin se confesse sur CCTV

Sur CCTV, Peter Dhalin a admit avoir « violé la loi chinoise à travers mes activités ici. J’ai causé du tort au gouvernement chinois, j’ai blessé les sentiments du peuple chinois. Je présente mes sincères excuses pour cela et je regrette que ce soit jamais arrivé ».

Selon l’agence de presse Xinhua, cité par The New York Times, Peter  Dahlin a admit avoir rédigé des rapports sur la situation des Droits de l’Homme, sans « faits réels ou complets ».  Lui et son organisation aurait été impliqué dans des affaires sensibles, et auraient « intentionnellement » aggraver des « conflits et des différends qui étaient à l’origine pas grave« .

« Il a incité les gens à affronter le gouvernement et à produire des incidents de masse », a assuré l’agence de presse, Xinhua.

Le rapport officiel accuse le suédois d’avoir empocher la moitié de l’aide financière de 1,6 millions de dollars (1,5 milliards €) allouée à l’organisation, reçue de sources extérieures au cours des dernières années. Le rapport publié par Xinhua assure que Chinese Urgent Action Working Group est financé par les fonds de 7 organisations non gouvernementales ou de groupes étrangers.

Pour des médias chinois, Peter Dahlin aurait été « implanté » en Chine par des « forces hostiles occidentales pour recueillir des informations qui pourraient être utilisées pour détruire l’image de la Chine à l’échelle mondiale ».

Le collègue de Peter Dahlin, Wang Guanzhong, également membre de l’ONG, auraient tous les deux enregistré leur groupe à Hong Kong en 2009, mais que leurs activités à Beijing n’aurait pas fait l’objet d' »enregistrement adéquat« , en Chine continentale.

Le rapport Xinhua a également lié le groupe de Chinese Urgent Action Working Group à une récente tentative de faire passer le fils de Wang Yu, un détenu membre Fengui, vers une destination en dehors de Chine.