lundi, juillet 22

Pékin menace de peine de mort les « séparatistes acharnés de Taïwan

La Chine a menacé le 21 juin d’appliquer la peine de mort aux « séparatistes obstinés » militant pour l’indépendance de Taïwan, a rapporté l’agence de presse Reuters.

Considérant Taïwan comme une province rebelle, la Chine ne cache pas son hostilité envers le nouveau président taïwanais Lai Ching-te, qu’elle qualifie de « séparatiste ».

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Depuis l’entrée en fonction de Lai Ching-te en mai 2024, Taïwan dénonce une intensification de la pression chinoise, notamment à travers des manœuvres militaires répétées, des sanctions commerciales et des patrouilles de garde-côtes autour des îles contrôlées par Taipei.

D’ailleurs, les autorités chinoises ont publié « une série de lignes directrices sur l’imposition de sanctions pénales aux séparatistes irréductibles de l’indépendance de Taiwan pour avoir mené ou incité à la sécession, autorisant la peine de mort et un procès par contumace dans les affaires concernées ».

Le document précise « les circonstances clairement définies dans lesquelles un nombre très limité de séparatistes irréductibles de l’indépendance de Taiwan, par des actes tels que l’organisation, le complot ou la mise en œuvre de plans d’indépendance de jure, ou la recherche de l’indépendance en s’appuyant sur un soutien étranger ou par la force, doivent être tenus pour pénalement responsables ».

Il stipule également que « ceux ayant été découverts d’être en collusion avec une institution, une organisation ou un individu étranger ou d’outre-mer pour commettre de tels crimes, doivent se voir infliger une peine plus sévère ».

Selon l’article 6 du document, les personnes qui commettent le crime de division de l’Etat peuvent être condamnées à mort, si le crime cause un préjudice particulièrement grave à l’Etat et au peuple ou si les circonstances sont particulièrement graves.

Selon un conseiller en sécurité du Parti communiste chinois, interrogé par l’Agence France Presse, ces nouvelles règles visent à faire peser une épée de Damoclès sur les séparatistes taïwanais. Cependant, cette menace apparaît essentiellement symbolique, la Chine n’ayant en pratique aucun pouvoir juridique sur Taïwan.

Taïwan réagit

« La démocratie n’est pas un crime, c’est l’autocratie qui en est un », a déclaré le dirigeant Lai Ching-te, le 24 juin à Taipei, suite aux menaces de la Chine de requérir la peine de mort contre ce qu’elles appellent « les indépendantistes taïwanais les plus acharnés ».

« La Chine n’a ni le droit ni le pouvoir d’engager des poursuites contre des citoyens taïwanais simplement en raison de leurs opinions », a déclaré le chef de l’Etat. « Selon la logique chinoise, ne pas soutenir l’unification revient à soutenir l’indépendance de Taiwan, et ce que l’on soit pour Taiwan, pour la République de Chine ou pour Taiwan, la République de Chine », a-t-il relevé.

Lai Ching-te a appelé Pékin à accepter l’existence de la République de Chine et à s’engager dans des échanges avec le gouvernement démocratiquement élu par le peuple taïwanais.

Dans un communiqué publié le 21 juin, le ministère des Affaires continentales a souligné que les 23 millions de citoyens taïwanais jouissent des droits et libertés garanties par la Constitution de la République de Chine, et que les autorités de Pékin n’ont absolument aucune juridiction sur Taiwan.

« Le gouvernement appelle la population du pays à ne pas se laisser menacer ou intimider par le Parti communiste chinois », a-t-il ajouté.

De son côté, le ministère taiwanais des Affaires étrangères a estimé sur la plateforme X le 23 juin que « la menace de la Chine de requérir la peine de mort contre les séparatistes taïwanais les plus acharnés met en évidence un recours dangereux à la guerre juridique ».

« Les démocraties doivent s’opposer à la coercition menée par Pékin et à l’utilisation injustifiée de lois nationales pour changer le statu quo régional », a-t-il insisté.

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