lundi, mai 20

Lai Ching-te, élu président de Taïwan

Lai Ching-te devient Premier ministre (2017-2019) de la dirigeante de Taiwan, Tsai Ing-wen en 2017, puis vice-président en 2020, après avoir débuté comme député puis maire de Tainan.

Lai Ching-te a prêté serment en tant que dirigeant de la République de Chine (Taïwan), ce 20 mai. Une mission ardue, car il devra prendre en charge les relations avec la Chine, extrêmement tendue ces dernières années.

Né en 1959, Lai Ching-te est issu d’un milieu modeste, contrairement à une bonne partie de la classe politique. Son père, ouvrier dans une mine, meurt d’une intoxication au monoxyde de carbone, lorsqu’il était enfant. Sa mère multiplie alors les emplois pour l’élever lui et ses cinq frères et sœurs, dans un hameau rural de Nouveau Taipei (nord), quite au décès de son père lorsqu’il était très jeune.

Diplômé en santé publique à l’université de Harvard aux Etats-Unis, il a d’abord travaillé comme médecin dans un hôpital de Tainan (sud-ouest). Il présidera l’association des médecins de Tainan, puis se lancera en politique en 1996, quand Pékin effectue des tirs d’essai de missiles autour de Taïwan au moment de la première élection présidentielle démocratique de l’île. Il rejoint le Parti démocrate progressiste (PDP), et est élu député en 1998, puis en 2010 maire de Tainan.

Décrit comme pugnace et combatif par certains médias, Lai Ching-te (aussi appeler William Lai) a déclaré lors d’une interview en 2023 au Wall Street Journal qu’il était « de mon devoir de participer à la démocratie taïwanaise et d’aider à protéger cette expérience naissante de ceux qui lui voulaient du mal ».

Élue en 2016, la dirigeante de Taiwan Tsai Ing-wen nomme Lai Ching-te Premier ministre en 2017. Deux ans plus tard, il annonce sa candidature à l’investiture du PDP, en vue de l’élection présidentielle de 2020. Opposé à la présidente sortante du PDP, Tsai Ing-wen, il met en avant la nécessité pour Taiwan de défendre sa souveraineté face à la Chine continentale.

En juin 2019, après une primaire controversée, il est devancé par Tsai, qui obtient le soutien du PDP pour l’élection présidentielle. Cependant en novembre, il est remporte la nomination comme candidat à la vice-présidence Il est élu vice-président de Taïwan le 11 janvier 2020 en tant que colistier de la dirigeante sortante, qui est largement réélue. Il entre en fonction le 20 mai suivant.

Le « nouveau dirigeant régional » de l’île pour Pékin

Âge de 64 ans, marié et père de deux enfants, le président du Parti démocrate progressiste (PDP) s’est engagé à poursuivre la politique de Tsai Ing-wen visant à renforcer les capacités militaires de Taïwan, afin de dissuader la Chine.

Son franc-parler, lui attire souvent la colère de Pékin, qui le qualifie de « dangereux séparatiste » conduisant Taïwan sur le chemin « de la guerre et du déclin« .

Lors de la campagne, William Lai avait affirmé que l’élection était un choix entre « démocratie et autocratie ». Il avait aussi promis un soutien « inébranlable » au maintien du statu quo dans le détroit de Taïwan.

Il avait aussi dénoncé « le principe chinois d’une seule Chine », car « la paix sans la souveraineté, c’est juste comme Hong Kong », ancienne colonie britannique où Pékin a imposé une nouvelle loi de sécurité nationale pour réprimer toute dissidence.

Ouvert au dialogue avec la Chine, Lai Ching-te risque d’être freiné dans ses ambitions et Pékin « ne lui répondra pas plus positivement » qu’à sa prédécesseure, estime Steve Tsang, directeur du SOAS China Institute, un centre de recherches rattaché à l’Université de Londres.

« La vraie question est de savoir comment M. Lai ajustera son approche, une fois que le bras ouvert qu’il est susceptible de tendre à Pékin se heurtera à une réponse froide, voire pire », a indiqué à l’Agence France Presse le politologue et historien.

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