Dans une interview accordée à l’agence Xinhua, Margit Molnar, directrice du département de la recherche sur la politique économique chinoise de l’OCDE, a expliqué  que les réformes économiques engagées par le gouvernement commence à porter ses fruits.

En effet, le gouvernement est parvenu à « obtenir des résultats fructueux sur la baisse du coût des opérateurs, le contrôle des risques de la dette locale, et la mise en place de l’initiative La Ceinture et la Route ».

Hausse des créations d’entreprise, une aubaine pour l’économie

ocde-logoMargit Molnar de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a indiqué que depuis 2013, la simplification de l’administration et la décentralisation des pouvoirs ont permit une diminution significative du coût de création d’une entreprise, entraînant donc une hausse du nombre de création d’entreprises.

« Les entreprises nouvellement enregistrées sont en plein essor ces dernières années en Chine, de plus en plus de gens ont décidé de créer une entreprise et de devenir des entrepreneurs« , a indiqué Margit Molnar.

En effet, selon les données de l’Administration nationale de l’industrie et du commerce de la Chine, entre janvier et juin 2016, le nombre de nouvelles entreprises enregistrées chaque jour était en moyenne de 40 000, contre 12 000 en 2015, avant la réforme.

De plus, en juillet, près de 2,62 millions d’entreprises ont été nouvellement enregistrées au cours des six premiers mois de cette année en Chine, avec une hausse de 28,6% par rapport à la même période de 2015.

Une fiscalité plus adaptée

Dans son étude économique de 2015, l’OCDE préconisait « des réformes propres à favoriser une croissance durable« , comme permettre aux entreprises de bénéficier de règles du jeu équitables en termes de financement, de réglementation, de fiscalité et de marchés publics.

« La Chine devrait continuer à libéraliser progressivement les taux de rémunération des dépôts et améliorer parallèlement la stabilité financière. De plus, elle devrait accroître la transparence budgétaire et assurer la viabilité des finances publiques« , notait alors le rapport.

D’ailleurs dans le domaine fiscal, la réforme engagée « a été très fructueuse » selon Margit Molnar, car elle permet aux gouvernements locaux chinois d’émettre des obligations. « Je pense que c’est une amélioration cruciale dans la gestion des responsabilités entre le gouvernement central et les gouvernements locaux » a indiqué cette dernière. Pour elle, la gestion de la dette et la transparence de la dette, notamment sur le front fiscal, a permit de voir « des changements et des améliorations très substantiels ».

Une croissance stable

Quartier de Xidan

Quartier de Xidan

D’ailleurs sur le plan de la croissance, celle-ci devrait continuer son ralentissement, baissant jusqu’à 6,4% et 6,1% respectivement en 2017 et 2018, selon les Perspectives économiques publiées ce lundi 28 novembre.

Selon certains experts, les prévisions de l’OCDE sont « raisonnables« . Cité par Xinhua, ces derniers assurent que « les fluctuations de la croissance sont normales et acceptables dans le processus d’une restructuration de l’économie », car le pays possède « plus d’avantages que de désavantages dans le maintien de son taux annuel de croissance économique entre 6 et 7 % pour la période 2016-2020 ».

Pour Chi Fulin, président de l’Institut national pour la réforme et le développement, « la Chine n’aura aucun problème à garder son objectif de 6,5% de niveau moyen de croissance économique pour la période 2016-2020 ».

En effet, le pays « possède un potentiel largement inexploité pour maintenir un taux moyen et élevé, du fait de la densité et de la maturité de son marché« , a assuré Chi Fulin, qui a assuré que « les prévisions sur les tendances de croissance des économies avancées aideront encore davantage la Chine à maintenir une croissance plus rapide« .

Raison pour lesquelles, ce dernier appelle la communauté  internationale à avoir un « état d’esprit rationnel », car le pays « est en train de changer son modèle tiré par les investissements et les exportations pour d’autres moteurs de croissance, tels que la consommation, l’innovation, le développement vert et l’amélioration de la qualité de vie de sa population. C’est pourquoi, les fluctuations au cours des cinq prochaines années sont attendues et positives ».