Des « centrales nucléaires flottantes » vont être construites afin de développer le parc nucléaire chinois, d’ici 2019.

Prévu initialement pour 2020, le gouvernement a décidé de prioriser le secteur au cours des cinq prochaines années, dans le but de fournir de l’énergie stable aux projets offshore et de promouvoir l’exploitation des gaz océaniques.

En 2014, le Centre national de recherche baptisé « 719 » a été créé afin de développer le modèle de centrales nucléaires maritimes. Trois ans plus tard, la China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC) a annoncé la conception de sa toute première plate-forme nucléaire flottante.

Le 15 février, Wang Yiren, vice-directeur de l’Administration d’Etat de la science, de la technologie et de l’industrie pour la Défense nationale, a expliqué qu’un générateur diesel est actuellement la principale source d’énergie pour alimenter les opérations offshore, et la vie quotidienne des résidents des îles Nansha et Xisha.

Or l’inefficacité et les effets néfastes sur l’environnement du diesel poussent les chercheurs à développer au plus vite les centrales nucléaires flottantes. La China National Nuclear Corporation, partenaire de la CSIC, a indiqué que la construction de la centrales nucléaire flottante devrait être terminée d’ici 2018 et opérationnelle en 2019.

Le navire embarquera une version adaptée d’un réacteur ACP 100, d’une puissance de 100 à 150 MW. La CSIC a signalé la signature d’un accord de coopération avec le China General Nuclear Power Group, pour développer un équipement semblable d’ici 2020. Le navire sera pour ce projet équipé d’un réacteur ACPR 50S d’une puissance de 200 MW.

Concrètement, une centrale nucléaire flottante est un navire équipé de réacteurs nucléaires, conçu pour alimenter en électricité les plateformes de forage gazières et pétrolières, mais également des îles et zones côtières.

Ainsi les deux premiers navires devraient apporter de l’électricité aux îles artificielles en mer de Chine méridionale, et dans les zones reculées des Spratly et des Paracelse.

La construction de ces centrales s’inscrit également dans la volonté du gouvernement d’accroître la capacité du parc nucléaire et de développer les projets de recherche maritime ainsi que les technologies nécessaires à l’exploration des régions polaires, comme les brise-glaces à propulsion nucléaire.

Wang Yiren a expliqué qu’une fois la plateforme créée, « elle sera employée pour exploiter du pétrole et les gaz océaniques ». Mais surtout, Beijing tient à effectuer ses propres recherches dans le secteur, et « souhaite coopérer avec la Russie pour accélérer le processus« , a indiqué ce dernier.

L’énergie nucléaire devrait constituer une part importante du mixte énergétique du pays, car le gouvernement veut faire face à la demande croissante d’énergie et également réduire sa dépendance au charbon.

Un premier chiffre de 20 centrales nucléaires flottantes a été annoncé le 14 février, pour Sun Qin, ancien président de la China National Nuclear Corporation, « les Centrales flottantes sont moins sensibles aux catastrophes naturelles. En cas d’urgence, la station peut pomper l’eau de mer depuis bateau pour éviter la fusion du cœur. De plus, la plate-forme est petite et peut être déplacée à un endroit approprié pour l’entretien ».