La Chine et la Russie ont mis, le 28 février, leur veto à une résolution des Nations Unies, prévoyant  des sanctions contre la Syrie pour son utilisation d’armes chimiques dans le conflit.

Le projet de résolution, présenté par le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis, a reçu 9 votes pour et 3 votes contre, ceux de la Chine, de la Russie et de la Bolivie. Le Kazakhstan, l’Ethiopie et l’Egypte se sont abstenus.

L’agence de presse Xinhua explique que « si le projet avait été adopté, il aurait imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyage contre des individus et des organisations liés au gouvernement syrien, suite à des allégations d’attaques aux armes chimiques ».

Dans un rapport, l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), ont conclu que le gouvernement syrien avait utilisé des substances chimiques toxiques comme arme de combat à au moins trois reprises, et que l’Etat islamique avait recouru avoir fait usage au moins une fois de gaz moutarde.

Pour l’ambassadeur de Chine à l’ONU, Liu Jieyi, cité par Xinhua, il est « trop tôt pour parvenir à des conclusions définitives », car selon lui, l’enquête sur l’usage d’armes chimiques était encore en cours. Il a souligné que le Conseil de sécurité devait « encourager la commission d’enquête conjointe à travailler de manière professionnelle, et à établir des conclusions basées sur des preuves exactes, solides et détaillées ».

Face aux critiques suscitées par ce veto, l’ambassadeur chinois a tenu à rappeler que « nous sommes opposés à l’emploi d’armes chimiques par tout Etat, organisation ou individu, dans n’importe quelles circonstances ».  De son côté, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, a déploré ce veto, rétorquant que « cette résolution est très opportune », ajoutant après le vote qu’il s’agit d’un « triste jour pour le Conseil de sécurité quand les membres commencent à trouver des excuses à d’autres Etats membres qui tuent leur propre peuple. Le monde est sans aucun doute plus dangereux » après ce rejet, a-t-elle ajouté.