Ren Xiaoyuan remporte le prix de l’ONU pour l’environnement

par | Déc 21, 2020 | Environnement

Le PNUE a récemment dévoilé les lauréats du prix 2020 des Jeunes Champions de la Terre. Ren Xiaoyuan, une écologiste chinoise de 29 ans, figurait parmi les sept gagnants.

Ren Xiaoyuan a fondé MyH2O, une plate-forme de données cartographiant la qualité des eaux souterraines dans toute la Chine rurale. L’objectif est d’informer les chinois vivant en Chine rurale de la qualité de l’eau, polluée par le ruissellement agricole et les déchets chimiques des usines.

En effet, les déchets chimiques ont laissé environ 50% des eaux souterraines peu profondes du pays polluées. L’application donne des éléments pour savoir où trouver de l’eau potable et crée le lien entre les communautés avec des entreprises privées et des organisations à but non lucratif qui fournissent des solutions d’eau potable.

«Imaginez deux verres d’eau, tous deux identiques, mais l’un est propre et l’autre pourrait vous rendre malade. Comment choisissez-vous? » a indiqué Ren Xiaoyuan sur le site du PNUE.

La jeune femme a grandi à Beijing, mais en dehors de la capitale chinoise. Ren Xiaoyuans’est intéressé à la défense de l’environnement dès l’adolescence. D’ailleurs, à l’école de Beijing, elle a rejoint Roots and Shoots, le programme mondial pour les jeunes fondé par Jane Goodall.

Par la suite, elle obtient une double maîtrise en ingénierie environnementale et en technologie et politique au Massachusetts Institute of Technology aux États-Unis d’Amérique. Cette dernière a expliqué que «c’est le dilemme auquel sont confrontés mes grands-parents. Nous essayons de changer cela. L’eau ne doit pas être un produit de luxe».

Depuis son lancement en 2015, MyH2O a contribué à fournir de l’eau potable à des dizaines de milliers de villageois.Cet exploit a été récompensé par les Nations Unies, dans le cadre de le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

La jeune femme a été nommée Jeune champion de la Terre. Elle fait partie des sept lauréats qui recevront du financement et du mentorat pour soutenir leur travail. Dechen Tsering, directeur régional et représentant du PNUE pour l’Asie et le Pacifique, a souhaité que cette année, chaque lauréat reçoive 10 000 dollars de financement de démarrage et la possibilité d’assister à des réunions de haut niveau des Nations Unies, afin qu’ils puissent donner vie à leurs grandes idées environnementales.

«Le réseau et la plate-forme MyH2O mis au point par Xiaoyuan Ren s’attaquent aux causes profondes de la détérioration de la qualité de l’eau tout en préservant les ressources en eau dans les communautés défavorisées. Le PNUE encourage ces approches ascendantes et grâce à ce prix, nous espérons que MyH2O pourra en inspirer beaucoup d’autres», a déclaré Joakim Harlin, chef de l’unité eau douce du PNUE.

Le prix Jeunes champions de la Terre est créé par le PNUE pour récompenser les pionniers de l’environnement qui ont entre 18 et 30 ans.

Lors de ses recherches sur l’utilisation de l’eau en milieu rural en Inde, Ren Xiaoyuan a tenu à aider à résoudre ce qu’elle qualifie de « crise croissante de l’eau dans les régions rurales de la Chine ».

Elle s’est alors appuyée sur les informations substantielles sur l’assainissement rural en Inde, ainsi que d’une base de données sur la qualité de l’eau dans tous les puits publics. Ces données l’aident à canaliser les ressources là où elles sont nécessaires.

Lors d’une première enquête MyH2O auprès des communautés rurales de Chine, la société a montré que 40% des habitants étaient inquiets de la qualité de l’eau potable mais n’avaient pas la possibilité de la tester. De plus, 10% des interrogés pensaient que leur eau était bonne, mais les tests ont montré qu’elle était malsaine.

La plate-forme MyH2O s’appuie sur un réseau national de jeunes volontaires formés pour tester la qualité de l’eau et enregistrer leurs résultats dans la plate-forme interactive. Ces tests se font via une application mobile.

Les volontaires mènent aussi des enquêtes sur l’utilisation de l’eau et évaluent la demande d’eau potable. Ces informations sont ensuite cartographiées pour fournir une image de l’état de l’eau dans la Chine rurale.

L’application MyH2O est facile à utiliser, et couvre 1000 villages dans 26 provinces chinoises. «Ce qui me motive, c’est inciter les autres à agir», a déclaré Ren Xiaoyuan. «Nous travaillons avec des étudiants en sciences, technologie, ingénierie et médecine. Ils continueront à développer des carrières dans ces domaines et créeront des solutions à certains des problèmes environnementaux qu’ils ont vus en travaillant avec nous», a indiqué cette dernière.

Le travail s’est avéré plus compliqué avec la pandémie de Covid-19, car les équipes de collecte de données ont été contrainte de réduire leurs efforts et de retarder les programmes de travaux publics qui devaient apporter de l’eau potable aux communautés rurales.

Ensuite, il y a la lutte constante contre la hausse de la pollution. «Parfois, on a l’impression que nous ne faisons qu’effleurer la surface avec le travail que nous faisons», a indiqué la jeune femme.

Pourtant, avec la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes à l’horizon 2021, Ren Xiaoyuan reste optimiste. Pour lutter contre les menaces auxquelles la planète est confrontée, elle a déclaré que «si nous voulons résoudre les problèmes environnementaux, nous devons commencer au niveau du village. Nous visons à servir nos communautés et à apporter des changements pour les générations futures, en les aidant à comprendre les grands défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés, mais aussi à savoir que les solutions sont à la portée de chacun de nous».

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