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Energies,Environnement,TERRE

Si, si la Chine est écologique

Dans un article publié sur le site The Conversation, Thomas Chaudron, acteur du développement du secteur solaire à Singapour et spécialiste de la Chine, a expliqué en quoi la Chine est plus écologique qu’on ne croit, en dépit de données environnementales catastrophiques.

Malgré son air pollué par les particules fines, le dioxyde de souffre, le dioxyde d’azote, et l’ozone, ses rivières contaminées, sa désertification  croissante et ses émissions de gaz à effet de serre considérables, la Chine tente de réparer les dégâts causés par trente années d’industrialisations acharnées.

Le point culminant de cet engagement est la signature d’un pacte d’objectifs climatiques par la Chine et les Etats-Unis, les deux pays les plus pollueurs au monde. Mais avant cette démarche internationale, qui a abouti en décembre 2015 à l’accord de Paris, lors de la COP21, Beijing a mit en place plusieurs mesures visant à réduire sa pollution.

Le e-bike, LE transport écologique

En effet, « la technologie électrique appliquée aux vélos et aux scooters – regroupés ici sous le nom d’e-bikes – fait partie des objectifs gouvernementaux chinois depuis 1991 », a expliqué Thomas Chaudron.

e-bikeCette politique a porté ses fruits, car « l’Agence internationale de l’énergie dénombrait en 2015 plus de 230 millions d’e-bikes en Chine, contre 83 000 voitures électriques, 36 500 bus électriques, environ 400 millions de vélos, 172 millions de voitures non-électriques, 530 000 bus non électriques, et presque plus de 2 roues à motorisation classique en dehors des campagnes, en raison des restrictions ».

Une réussite donc, qui fait e-bikes un transport alternatif, écologique. Ce secteur n’est pas le seul à avoir été développé dans l’Empire du milieu. Ainsi, durant l’année 2015, plus de 15 GW de capacité ont été ajouté au parc solaire, atteignant un total de 43,6 GW, soit 19% de la capacité mondiale.

La Chine « a ainsi surpassé l’ancien leader, l’Allemagne, et ses 39,7 GW », d’autant que le pays « a multiplié sa capacité de production d’électricité solaire par 13 entre 2011 et 2015« . Le solaire est devenu l’atout principale pour mettre fin au règne du charbon et de « la pollution dantesque de l’air associée qui empoisonne littéralement les grandes villes chinoises ».

Pour cela, les usines fabriquent massivement des panneaux solaires, faisant chuter les prix du photovoltaïque, dont son industrie produit 71% du total mondial. Cette politique énergétique devrait durer. D’ailleurs, « l’excellente irradiation du territoire chinois – notamment dans les immenses déserts de l’Ouest et du Nord – permet à Pékin de privilégier de gigantesques centrales », a indiqué Thomas Chaudron.

La Chine, leader du solaire avec le projet Gao Taidans

Le parc solaire de Gao Tai dans le nord-ouest du pays devrait atteindre 319 km², soit trois fois la superficie de Paris. « Avant ici c‘était le désert de Gobi, il n’y avait rien, que des cailloux qui couraient derrière le vent; ça n‘était pas cultivable, ça ne rapportait rien alors que maintenant c’est un trésor », a expliqué Wei Liang, le directeur du parc solaire de Gao Taï, à Euronews.

Grâce à un ensoleillement de plus de 280 jours par an, le parc espère faire rapidement du chiffre, car le faible besoin de maintenance, et la durée de vie des panneaux d’environ 25 ans pourraient voir un retour sur investissement de 27 millions d’euros dans 7 à 8 ans.

Cependant, l’énergie obtenue compte peu de clients dans le désert de Gobi, et doit donc être acheminée vers les régions industrielles du pays. Sans oublier les problèmes techniques avec la poussière du désert pouvant réduire la productivité des panneaux, le recyclage des panneaux, l’adaptation au réseau pour amener l’électricité dans les grands bassins de population de l’Est …

Des questions encore en suspend. D’ailleurs, l’Administration nationale de l’énergie, responsable entre autre de la mise en place des politiques énergétiques a indiqué qu’un tiers de la capacité solaire dans la province du Gansu et plus d’un quart dans le Xinjiang n’ont pas été utilisés en 2015, souligne Thomas Chaudron.

Désertification vs reforestation  

sécheresseLa politique actuelle de reforestation « prend source dans un projet de 1978, surnommé la ‘Grande Muraille verte’ et vise principalement à protéger l’Est du pays de l’avancée du désert de Gobi », a indiqué Thomas Chaudron. Durant l’industrialisation de la Chine, le gouvernement a encouragé l’abattage des arbres pour faire tourner les hauts-fourneaux des usines.

A cela s’ajoute le sur-pâturage et le réchauffement climatique, la déforestation est devenue l’une des principales préoccupations du pays, car 27% du territoire est touché, soit 400 millions de chinois affectés.

Les résultats sont mitigés, car certaines espèces plantées ne parviennent pas à lutter contre le réchauffement, certaines parcelles replantées ont un bilan carbone négatif, et les espèces plantées, non locales, puissent trop d’eau, fragilisant les plants locaux.

Mais des solutions sot mises en place par le gouvernement : « dans certaines provinces et en collaborant avec des acteurs internationaux au niveau local, le gouvernement a par exemple proposé une alternative à la mise à mal des forêts en rémunérant les communautés qui en dépendent pour les protéger ». Il y a aussi la possibilité de laisser les forêts de se régénérer d’elles-mêmes, de « favoriser la polyculture à base d’essences locales, en impliquant les populations rurales qui trouveraient dans l’exploitation de zones de biodiversité une source de revenu plus durable ».

Le gouvernement tente de trouver des solutions durables et efficaces. Les avancées réalisées au cours des vingt dernières années montrent la volonté de Beijing de mettre en place un projet environnemental viable et ainsi devenir un leader mondial. Toutefois, le pays fait encore face à de très nombreux défis.

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