Entre le 9 et le 12 mai, une délégation du Conseil de coordination du Programme (CCP) de l’ONUSIDA s’est rendue en Chine, afin de constater la manière dont le pays accélère sa lutte contre le sida pour son éradication d’ici 2030. D’ailleurs, l’accord avec l’organisation internationale et Xinhua est l’une des démarches saluées par le directeur exécutif de l’ONUSIDA.

La délégation s’est concentrée sur les stratégies innovantes et ciblées, l’engagement d’acteurs non traditionnels, l’intensification des efforts et l’importance du leadership politique et de la sensibilisation au sida.

Pour Jan Beagle, Directrice exécutive adjointe de l’ONUSIDA, « le leadership de la Chine sur le VIH est un exemple de responsabilité partagée dans l’action, avec des approches multi-sectorielles qui impliquent à la fois le gouvernement, la société civile et le secteur privé, sur la base de données nationales complètes ».

Délégation ONUSIDA en Chine

Délégation ONUSIDA en Chine

Cette dernière a indiqué qu’il est possible « d’en tirer d’importantes leçons pour tous les continents, pour la collaboration Sud-Sud et surtout en matière de durabilité« .

Les homosexuels, plus exposés au risque

En Chine, les chiffres montrent que les populations les plus exposées au risque d’infection à VIH, sont les homosexuels, principalement dans les grandes villes. « Le VIH est une priorité aux plus hauts niveaux de gouvernement et fait l’objet d’actions intersectorielles« , a indiqué un communiqué de l’ONUSIDA.

D’ailleurs, les campagnes de lutte sont principalement financés par des subventions publiques. La délégation a pu assister à la politique menée par la municipalité de Beijing, qui « s’appuie sur les organisations communautaires pour améliorer la prestation de service ».

La ville a également adopté « un modèle de guichet unique pour le dépistage du VIH, accéléré la stratégie de dépistage et de traitement des homosexuels, piloté des programmes d’auto-dépistage du VIH, et utilisé les nouvelles technologies pour appuyer les initiatives de prévention et de traitement du VIH« , note le communiqué.

Danlan, ONG de défense des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles, a associé un programme de prévention du VIH – piloté par la communauté – avec un système d’entreprise sociale par l’intermédiaire via son application de rencontre Blued, qui compte près de 15 millions d’utilisateurs.

Cette application inclut des liens vers des services de prévention et de traitement du VIH. Geng Le, créateur de Danlan, a montré qu’en combinant science et technologie, « il est possible d’intégrer la riposte au VIH dans la vie des personnes loin des cliniques et des hôpitaux ».

Public et privé, actifs dans la lutte

Pour les membres du Comité de planning familial et de santé de Beijing, consulté par la délégation du CCP, les organisations communautaires comme Danlan ont été « particulièrement efficaces dans la réalisation de campagnes de dépistage rapide capables d’atteindre les communautés plus exposées au risque d’infection. Malgré leur petite échelle, ces campagnes ont permis de détecter près de 30 % de tous les nouveaux cas de VIH dans la ville« .

Accord a été signé le 18 mars entre le Président de Xinhua, Cai Mingzhao (gauche) et le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé (droite), au siège de l'ONUSIDA à Genève, en Suisse.

Accord a été signé le 18 mars entre le Président de Xinhua, Cai Mingzhao (gauche) et le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé (droite), au siège de l’ONUSIDA à Genève, en Suisse.

En mars, l’agence de presse Xinhua et l’ONUSIDA ont reconduit leur partenariat de 2 ans, après 5 ans, afin de lutter contre le sida. Le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé s’est félicité car avec ce partenariat, « nous allons atteindre des millions, voire des milliards de personnes, et nous allons accélérer le rythme d’action pour mettre fin au sida d’ici 2030 ».

Remerciant Xinhua, il a souligné « l’importance de partenariats public-privé solides pour diffuser des informations vitales auprès de millions de personnes », selon le communiqué de l’ONUSIDA. De son côté, le président de Xinhua, Cai Mingzhao a estimé que « la collaboration est essentielle », réitérant l’engagement de son agence « à sensibiliser le public et à promouvoir des thèmes clés en lien avec la fin de l’épidémie de sida en Chine et dans le monde ». Xinhua va également  travailler avec l’ONUSIDA, dans la publication et la distribution d’un livre pour enfants en Chine.

« Pour atteindre l’objectif ultime de la fin du sida, les efforts conjoints de tous les secteurs de la communauté mondiale sont nécessaires. La signature, aujourd’hui, de ce protocole d’accord est une opportunité pour l’ONUSIDA et Xinhua de renforcer leur collaboration et de travailler ensemble pour contribuer à la fin du sida« , a indiqué Cai Mingzhao.

Côté privé, la délégation a rendu visite à la Fondation Ruban Rouge, organisation caritative nationale regroupant une cinquantaine d’entreprises qui « lèvent des fonds, fournissent du matériel et coopèrent avec le gouvernement pour accélérer les efforts contre le sida ».