L’Allemagne est devenue le terrain privilégié des entrepreneurs chinois, férus de son industrie manufacturière. D’après l’étude du cabinet Ernst & Young (EY), « avec 37 acquisitions réalisées, l’Allemagne reste la cible d’investissement numéro un en Europe« .

Le cabinet a compté près de 10,8 milliards de dollars placés par des investisseurs chinois dans des entreprises allemandes au 1er semestre 2016, contre 526 millions pour l’ensemble de l’année 2015. La Chine est le 3ème investisseur en Allemagne au 1er semestre 2016, derrière les Etats-Unis (64 acquisitions) et la Suisse (45 acquisitions).

Parmi les plus importants rachat en Europe, celui du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant de l’électroménager Midea est en 3ème place, après celui du chimiste suisse Syngenta, pas encore bouclée, et celle annoncée fin juin du concepteur finlandais de jeux vidéos Supercell.

« Avec une croissance ralentie sur leur marché domestique, les entreprises chinoises se voient forcées de développer de nouveaux champs d’activités et de se déplacer de la production de masse vers la haute-technologie et la spécialisation » et « le chemin le plus rapide pour cela est l’acquisition de leaders de marché étrangers« , a expliqué Yi Sun, partenaire de EY Allemagne, citée dans le communiqué.

En Europe, 164 entreprises ont été entièrement rachetées ou bien ont des chinois ayant une participation dans leur capital. Le record de 2015 avec des investissements dans 183 entreprises en Europe, dont 39 en Allemagne, devrait être dépassé cette année.

« La plupart des investisseurs chinois poursuivent une approche stratégique et de long terme, qui peut profiter tant à l’acheteur qu’à l’acheté », a assuré Yi Sun, ajoutant que la plupart des entreprises rachetées sont des entreprises à la pointe technologiquement et ne pouvant être délocalisées.