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Sommet Xi-Trump: ni gagnant, ni perdant

Sommet Xi-Trump: ni gagnant, ni perdant

Le président américain Donald Trump a quitté la Chine le 15 mai après un sommet de deux jours avec son homologue chinois Xi Jinping. Une visite scrutée et très attendue, car elle aurait pu aboutir à des résolutions importantes dans le domaine économique et commercial, mais aussi sur la scène internationale, avec la guerre en Iran

Alors que Washington se félicite des accords commerciaux bilatéraux conclus, Pékin a mis en garde les États-Unis contre toute ingérence excessive sur la question de Taïwan et a déclaré que la guerre américano-israélienne contre l’Iran n’aurait jamais dû être déclenchée.

Pas de déclaration commune, mais des communiqués séparés détaillant les discussions entre Donald Trump et Xi Jinping. Un fait avéré, leurs points de convergence sont limités et se concentrent sur l’ouverture du détroit d’Ormuz. Les deux communiqués américains abordaient des questions non mentionnées dans les déclarations du ministère chinois des Affaires étrangères, et inversement.

Concernant les accords commerciaux, Donald Trump a déclaré que plusieurs accords commerciaux avaient été conclus entre les États-Unis et la Chine lors de ses deux jours, toutefois, la Chine n’a fait mention ni de cet accord ni d’aucun autre accord commercial dans sa déclaration post-sommet. Boeing n’a pas non plus confirmé cet accord.

Alors que Xi Jinping a rencontré des chefs d’entreprise américains, qui accompagnaient Donald Trump lors de son voyage, aucun autre accord décisif n’a été conclu concernant la vente par les États-Unis de puces Nvidia de pointe pour l’IA à la Chine.

Cependant, Xi Jinping a déclaré que la Chine allait ouvrir davantage ses portes aux entreprises américaines, sans préciser ce que cela impliquait en termes d’accords commerciaux.

Concernant le trafic de drogue, « les présidents ont également souligné la nécessité de consolider les progrès accomplis pour mettre fin à l’afflux de précurseurs du fentanyl vers les États-Unis », selon le communiqué de la Maison Blanche. Cependant, les déclarations publiées par le ministère chinois des Affaires étrangères ne font aucune mention du fentanyl ni du trafic de drogue vers les États-Unis.

Concernant la guerre contre l’Iran, « les deux pays se sont accordés sur le fait que l’Iran ne pourra jamais posséder l’arme nucléaire », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué publié le 14 mai sur son compte X. Mais un communiqué publié le 15 mai par le ministère chinois des Affaires étrangères sur X ne mentionne pas explicitement que l’Iran ne devrait jamais posséder l’arme nucléaire. Le communiqué affirmait que « ce conflit, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, n’a aucune raison de se poursuivre ».

La Maison Blanche a également déclaré dans un communiqué, à l’issue du sommet Trump-Xi, que « le président Xi a également clairement exprimé l’opposition de la Chine à la militarisation du détroit et à toute tentative d’instaurer un péage pour son utilisation, et il a manifesté son intérêt pour l’achat de davantage de pétrole américain afin de réduire la dépendance de la Chine vis-à-vis du détroit à l’avenir ».

Cependant, le communiqué chinois ne mentionne ni les péages iraniens, ni la militarisation du détroit, ni l’intérêt de la Chine pour l’achat de davantage de pétrole américain. Il reconnaît que « le conflit a fortement pesé sur la croissance économique mondiale, les chaînes d’approvisionnement, l’ordre commercial international et la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial, ce qui nuit aux intérêts communs de la communauté internationale ».

Concernant les relations sino-américaines, un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères indique que « les deux présidents se sont entendus sur une nouvelle vision pour bâtir une relation sino-américaine constructive et stratégiquement stable, afin de définir une orientation stratégique pour les relations bilatérales au cours des trois prochaines années et au-delà ».

Les déclarations de la Maison Blanche ne mentionnent pas ce délai de trois ans et mettent davantage l’accent sur le développement des relations économiques entre les États-Unis et la Chine que sur la stabilité stratégique.