Reporter Sans Frontières vient de publier son rapport annuel sur la liberté de la presse dans le monde, dans lequel les auteurs s’inquiètent de l’avenir des médias à Taïwan.

En effet, « l’influence croissante de la Chine, qui exerce des pressions économiques et politiques sur les médias, constitue la menace principale sur la liberté de la presse », note le rapport.

« La ligne éditoriale de certains médias privés a radicalement changé. Il n’est plus rare de retrouver un ton proche de celui de la propagande du Parti communiste chinois. L’indépendance des médias a aussi été mise à mal par les autorités locales qui ont déjà directement interféré dans la ligne éditoriale des médias publics », a indiqué RSF.

La République de Chine est 45ème au classement mondial de la liberté de la presse 2017, après avoir occupé la 51ème place en 2016. Malgré cette épée de Damoclès sur les rédactions taïwanaises, la République de Chine reste le premier territoire asiatique où la liberté de la presse est quasiment libre.

D’ailleurs le 6 avril 2017, l’association de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a ouvert son premier bureau en Asie, à Taipei. Celui-ci couvrira  principalement l’Asie du nord : Chine, Hong Kong, Taïwan, Japon, Corée du nord, Corée du sud et Mongolie.

« L’ouverture d’un bureau en Asie s’inscrit dans la dynamique actuelle de développement international de RSF. Le bureau de Taipei nous permettra de mieux répondre aux défis qui pèsent sur la liberté des médias, dans une région qui a de plus en plus d’influence à l’échelle mondiale », a expliqué Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« Le choix de Taïwan prend en compte sa position centrale et la qualité de ses services logistiques, mais aussi le fait que l’île est numéro un en Asie dans notre index de la liberté de la presse », a ajouté ce dernier.

Le bureau de Taïpei offrira « un relais supplémentaire pour exercer son influence et renforcer ses actions de terrain : plaidoyers pour la défense des droits de la presse, campagnes de sensibilisation du grand public, assistance financière et juridique aux journalistes, actions de formation dans des domaines sensibles tels que la cyber-sécurité », précise le communiqué de presse de l’association.

Soutenu par l’association des droits de l’homme et de la liberté d’information, Wu’er Kaixi, assistera RSF dans sa stratégie de développement international.  D’origine chinoise, Wu’er Kaixi est membre du Conseil émérite de RSF.