Le gouvernement de Hong Kong a demandé la dissolution de la holding propriétaire de l’ancien journal pro-démocratie fermé en juin 2021, ont annoncé le 29 septembre les autorités. Dans la foulée, le secteur audiovisuel public de Hong Kong publiait de nouvelles directives pour ses journalistes.

Le gouvernement a déposé une requête en justice pour demander la liquidation de Next Digital Limited (NDL), a annoncé Paul Chan, secrétaire aux Finances de Hongkong. La société Next Digital Limited éditait Apple Daily, un tabloïd plaidant ouvertement pour la démocratie à Hong Kong, et acteur des mouvements de contestation dans l’île. L’ensemble des comptes de la société ont été gelés au nom de la loi de sécurité nationale instairée par la Chine à Hong Kong.

«Le secrétaire aux Finances a estimé qu’il serait opportun, pour l’intérêt public, que NDL soit liquidé», a expliqué le gouvernement dans un communiqué.

Hong Kong se décrit comme un centre asiatique pour le commerce et les médias, mais les autorités viennent d’annoncer qu’elles s’opposeraient à toute société ou tout individu cherchant à saper la sécurité nationale de la Chine.

La liberté de la presse est mise à rude épreuve dans la région administrative spéciale de Hong Kong, alors que la Chine souhaite mettre en place son système politique, administratif et judiciaire à Hong Kong, après les immenses et souvent violentes manifestations de 2019.

L’annonce de la liquidation souhaitée de NDL est intervenue le même jour que la publication par l’audiovisuel public, RTHK, d’un document d’une centaine de pages édictant de nouvelles règles pour ses journalistes.

Ainsi, il est demandé aux salariés de RTHK de «préserver la sécurité nationale» dans tous les reportages, selon le texte lu par l’Agence France Presse. «Les programmes produits et diffusés par RTHK ne doivent pas contenir des contenus qui (…) provoquent ou approfondissent la haine, la discrimination ou l’hostilité à l’égard du gouvernement populaire central (…) suscitent l’antipathie ou offensent autrui», selon le document.

Ces nouvelles règles mettent aussi en garde les salariés contre tout contact avec des organisations ou gouvernements étrangers. Elles interdisent de décrire l’île de Taïwan, revendiquée par la Chine, comme un pays souverain avec ses propres relations diplomatiques.

Depuis plusieurs mois, les autorités cherchent à faire de la chaîne RTHK, jusqu’alors indépendant éditorialement, un outil au modèle proche des médias étatiques tels que CGTN, CCTV, …