Fu Zhenghua, directeur adjoint de la commission des affaires sociales et juridiques de l’organe consultatif politique suprême de la Chine, fait l’objet d’une enquête disciplinaire et de supervision pour de graves violations présumées des disciplines et des lois du Parti, a annoncé l’organe anti-corruption le plus élevé du pays, lors de la dernière émission, le 2 octobre.

De nombreux responsables au sein du PCC, et des patrons des secteurs public et privé sont déjà tombés depuis le lancement en 2013 par le président Xi Jinping d’une opération «mains propres», qui vise l’armée, les entreprises et le milieu politique.

Fu Zhenghua, qui a été ministre de la Justice entre mars 2018 et avril 2020 avant d’occuper le poste au Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), est soupçonné de «graves violations de la discipline et de la loi», une accusation qui désigne généralement des cas de corruption, mais aussi des manquements aux règles du Parti communiste chinois (PCC).

Autrefois, responsable de la police de Pékin, Fu Zhenghua occupe actuellement la fonction de directeur adjoint du comité des affaires sociales et juridiques de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

La dernière apparition publique de Fu Zhenghua a été sa participation à une tournée d’inspection dans la municipalité de Chongqing (sud-ouest de la Chine) à la mi-septembre, lorsque le comité des affaires sociales et juridiques du Comité national de la CCPPC a mené une enquête spéciale sur la promotion de la protection judiciaire des droits et intérêts des mineurs, selon le quotidien Global Times.

Le haut responsable de 66 ans était un officier de sécurité publique chevronné qui avait participé aux enquêtes sur plusieurs affaires majeures au cours de son mandat au Bureau municipal de la sécurité publique de Pékin, a indiqué le quotidien.

Des mois après sa nomination au poste de chef de la police de Pékin en février 2010, le Passion Club, ou Tianshang Renjian, l’une des meilleures boîtes de nuit de Pékin, a été fermé au milieu d’une vaste répression contre le commerce du sexe.

Cette enquête visant l’ex-ministre intervient quelques jours seulement après que Sun Lijun, l’ancien vice-ministre en charge de la Sécurité publique, notamment à Hong Kong lors des immenses manifestations pro-démocratie de 2019, a été exclu du Parti communiste chinois (PCC) et démis de ses fonctions pour de graves violations de la discipline et de la loi.

Il a été accusé d’avoir eu une cachette personnelle pour des documents confidentiels, de s’être soustrait à ses obligations en matière de lutte contre le Covid-19 et d’avoir payé en échange de relations sexuelles.

Selon l’annonce, l’ancien membre du Comité du Parti du ministère de la Sécurité publique n’était jamais resté fidèle aux idéaux et à la foi du Parti, affichant « une ambition politique extrêmement exagérée et une intégrité politique très faible ». Il aurait, selon l’agence de presse Xinhua, émis des critiques sans fondement sur la politique du Parti et répandu des rumeurs politiques, a rapporté Xinhua.

La campagne anti-corruption et «disciplinaire» lancée par Xi Jinping a puni plus d’un million de cadres du parti au pouvoir. L’opération est parfois accusée de servir au président chinois à éliminer des adversaires qui s’opposent à sa ligne politique.